L’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles vient de publier son « baromètre social ». Certains chiffres sont tristement stables : à Bruxelles, une personne sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec environ 1.500 euros nets par mois pour une personne seule (60% du revenu médian en Belgique).
D’autres chiffres sont en hausse inquiétante. Les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) ont plus que doublé : de 3 % en 2022 à 7 % en 2025. Comment vivre avec moins de 900 € par mois pour une personne seule ? Et ce n’est pas fini : en 2026, la réforme des allocations de chômage pousse encore davantage de personnes vers le CPAS. Le nombre de sans-abri et de mal-logés a lui aussi bondi : 9.777 personnes ont été dénombrées par Bruss’help le 6 novembre 2024, soit une hausse de 25 % en deux ans seulement.
Derrière ces statistiques, il y a la détresse bien réelle de nombreux foyers qui ne peuvent pas à la fois payer les factures et le loyer, se chauffer, manger correctement et régulièrement, se soigner, acheter une voiture, remplacer les vêtements usés… Les 20 % de Bruxellois les plus pauvres consacrent plus de la moitié de leurs revenus au loyer. Il leur reste alors à peine 10 euros par jour pour tout le reste. Quant à l’espérance de vie, elle varie de près de cinq ans entre les communes les plus riches et les plus pauvres de la capitale.
Mais la hausse de la précarité n’est pas une fatalité. Pendant que les chiffres de la pauvreté grimpent, les profits des entreprises, eux, ne fléchissent pas — les dividendes versés aux actionnaires se comptent en centaines de millions. C’est que la richesse des uns s’accumule sur le dos des autres. En s’attaquant aux chômeurs, aux malades, aux bénéficiaires du statut BIM, le gouvernement appauvrit des milliers de ménages, tire les salaires vers le bas, tout en continuant à abreuver les entreprises de cadeaux fiscaux et autres avantages.
