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Face aux guerres qui se développent, les travailleurs n’ont pas de patrie mais un ennemi commun : le capitalisme !

Les dirigeants des pays de l’OTAN, Etats-Unis et Allemagne en tête, la Belgique dans leur sillon, se sont mis d’accord pour envoyer une centaine de chars lourds en Ukraine.

Les divers ministres et chefs de gouvernement osent nous expliquer qu’ils accordent cette nouvelle aide militaire « pour garantir la paix ». Mais cette nouvelle augmentation de la puissance de feu sur place est, bien au contraire, un nouveau pas franchi dans l’escalade vers une généralisation de la guerre.

Poutine a fait le premier pas dans ce nouvel épisode de la guerre commencée, il y a bientôt un an, le 27 février 2022. Mais ce sont les Etats-Unis qui, en 2014 déjà, ont mis en place un gouvernement très anti-russe qui a banni la langue russe de l’espace public dans ce pays où un tiers de la population était russophone, et a ouvert les portes aux grands groupes occidentaux.

La défense de la liberté des peuples, dans la bouche des dirigeants impérialistes, a toujours été un leurre. 

On peut juger du souci « démocratique » des pays de l’OTAN en se rappelant des guerres coloniales, des guerres au Moyen-Orient et en Afrique où leurs armées soutiennent le pillage des grands groupes capitalistes occidentaux et les dictateurs locaux qui les servent.

Et quel est le résultat de 20 ans d’occupation de l’Afghanistan par les Etats-Unis et leurs alliés, au nom de la démocratie et des droits des femmes ?! Malgré les centaines de milliards de dollars déversés pour la guerre, l’Afghanistan est aujourd’hui un pays ravagé, sans infrastructures, sans logements et où les femmes ont été purement et simplement abandonnées aux Talibans désormais au pouvoir !

Les Ukrainiens ne peuvent pas attendre un sort bien différent de « l’aide » des pays impérialistes regroupés dans l’OTAN.

Les raisons profondes de la guerre sont à chercher dans la crise économique qui s’aggrave et tend les relations entre les différentes puissances capitalistes. Les budgets militaires sont en forte hausse partout et ils préfigurent les carnages et les massacres à venir. Après la Russie, l’étau impérialiste se resserre aussi autour de la Chine.

Derrière les discours sur la liberté des peuples, l’industrie de l’armement se frotte les mains. Les actions de Rheinmetall, le constructeur des chars Leopard, ont par exemple atteint des records le jour de l’annonce du gouvernement allemand. Pour eux et leurs semblables, la guerre est une mine d’or et ils font tout pour qu’elle continue.

Zelenski nous est présenté comme le défenseur de son peuple. Mais pendant que les soldats meurent au front et que les hommes n’ont pas le droit de quitter le pays, les profiteurs de guerre pullulent au sommet de l’État ukrainien : plus d’une dizaine de hauts responsables viennent d’être limogés après que des journalistes courageux ont révélé des affaires de corruption, notamment la surfacturation de la nourriture des soldats !

Poutine, de son côté, prétend défendre le peuple russe. Mais les travailleurs russes sont mobilisés de force dans cette guerre fratricide, tandis que leurs conditions d’existence se dégradent et que la dictature devient de plus en plus pesante. Quant à ceux qui essayent de fuir le pays pour ne pas devoir aller à la guerre, ils sont refoulés aux frontières de l’Europe sous prétexte de venir d’un pays ennemi !

Ici en Belgique, si la guerre n’est pas encore dans le pays pour le moment, les discours sur les sacrifices auxquels il faudrait consentir au nom de l’intérêt national s’enchaînent et l’héroïsme du peuple ukrainien nous est donné en exemple. Mais d’un côté, le boycott du gaz russe a contribué à faire flamber les prix de l’énergie et à appauvrir les travailleurs à la vitesse grand V. De l’autre, les actionnaires d’Engie réalisent des profits records et profitent de la situation pour obtenir de nouveaux cadeaux importants de la part du gouvernement à l’occasion de la prolongation du nucléaire. Les sacrifices ne sont pas pour tout le monde !

Dans tous les pays, la guerre, c’est avant tout la guerre que mènent les exploiteurs aux exploités. Il faut bien se dire que ces patrons qui s’enrichissent par l’exploitation et nous imposent aujourd’hui chômage et surcharge de travail, de même que leurs gouvernements qui nous imposent l’austérité dans la santé et l’éducation et s’attaquent à nos pensions, n’auront pas d’état d’âme demain pour nous envoyer à la guerre.

Alors ne nous laissons pas embrigader derrière les intérêts des riches toujours prompts à sacrifier les travailleurs pour leurs intérêts. Cette guerre n’est pas la nôtre, c’est celle des capitalistes et des oligarques ukrainiens d’un côté, des bureaucrates de l’Etat russe de l’autre. La liberté, le droit de vivre dignement, les travailleurs ne l’obtiendront qu’en luttant pour leurs intérêts communs, par-delà les frontières et les nationalités, en se préparant à arracher le pouvoir des mains de tous ces fauteurs de guerre !

L'actualité en bref

Manifestation des pompiers

Le 27 janvier, plusieurs centaines de pompiers et d’agents des zones de secours ont manifesté à Bruxelles. Ils dénoncent l’augmentation du nombre d’agressions auxquelles ils sont confrontés et le manque de financement qui les empêche d’embaucher du personnel, pourtant bien nécessaire. En effet, dans certaines zones du pays, le nombre de pompiers est resté le même depuis les années 1980, alors que le nombre d’interventions a plus que doublé depuis ! 

Les manifestants  critiquaient aussi le passage à la retraite à 67 ans et réclament des aménagements de fin de carrière. Et on les comprend ! Difficile de trouver logique ce système où on verra bientôt des pompiers de 66 ans, alors que tant de jeunes galèrent à trouver un boulot.

Les héros d’hier ne veulent pas se laisser écraser aujourd’hui

Le 23 janvier, les travailleuses du service de nettoyage de la commune de La Louvière ont fait grève pour dénoncer le manque de personnel, le manque de produits et de matériel, le fait qu’elles soient traitées comme des moins que rien… et payées moins que rien aussi.

Ce qu’elles avaient à dire parle à des centaines de milliers d’autres travailleuses et travailleurs qui subissent la même exploitation, le même mépris… et qui sont pourtant indispensables. Que l’exemple se propage et que la parole des exploités se libère !