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Frontex : une attaque contre tous les travailleurs ! 

Presque tous les partis ont voté au parlement fédéral deux lois révoltantes contre les migrants.

L’une augmente les possibilités d’enfermer et d’expulser des migrants, l’autre permet à Frontex, l’agence européenne des gardes-frontières et des garde-côtes, d’opérer sur le sol belge. 

Jusqu’ici, Frontex était seulement active aux frontières de l’Union européenne où elle est chargée d’empêcher l’arrivée de migrants sur le sol européen. Comment ? En repoussant leurs embarcations ou en laissant se noyer des bateaux entiers qu’elle aurait pu secourir !

 Des agents de Frontex armés pourront maintenant contrôler, arrêter, et prendre des « mesures urgentes » dans la rue ou les transports.

Avec le pacte européen sur l’asile et la migration adopté par les pays de l’Union européenne, les pouvoirs de Frontex seront encore étendus. Et les mesures contre les migrants se multiplient partout en Europe. 

En janvier, la France adoptait une loi, rendant bien plus compliqué l’accès à la nationalité et aux quelques aides que des migrants peuvent encore toucher. 

Au Royaume-Uni, une loi récente permet aux autorités d’expulser des migrants vers le Rwanda avant même qu’ils aient fait leur demande d’asile. Le 2 mai, c’est l’Union Européenne qui a débloqué un milliard d’euros pour le Liban pour « retenir les réfugiés syriens ».

Les politiciens prétendent « dissuader » les migrants de venir en Europe. Ils entretiennent le fantasme que les migrants viendraient en Europe pour profiter des aides de l’État, se la couler douce, voire même « remplacer » les Européens… au mépris complet de la réalité ! 

Les migrants sont des travailleurs qui fuient la misère ou la guerre ! Et ce sont les mêmes partis au pouvoir qui décident ces lois contre les migrants qui ont organisé et organisent encore aujourd’hui le pillage des pays d’origine des migrants pour le plus grand profit des capitalistes occidentaux. 

Ce sont les mêmes qui ont accepté ou commandé les bombardements sur l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye, qui soutiennent les massacres des Palestiniens et les bandes armées au Congo. 

Ce sont eux les responsables du chaos qui entraîne chaque année plus de migrants dans le monde, au point que leur nombre a doublé ces 40 dernières années. Et la plupart ne se réfugient pas en Europe, mais dans les pays voisins à peine moins pauvres que les leurs.

Les politiciens qui s’attaquent aux migrants savent que ces mesures n’empêcheront pas des millions de gens de chercher ailleurs un avenir meilleur, et à n’importe quel prix. 

Ils cherchent uniquement à détourner la colère des travailleurs en utilisant les migrants comme boucs émissaires. Ce qui ne les empêchera pas de faire venir des migrants dès que les capitalistes en auront besoin. Comme en Pologne ou en Hongrie, où des gouvernements pourtant d’extrême droite ont organisé une immigration massive pour répondre aux besoins en main d’œuvre des patrons…

Car la plupart des migrants sans papiers, mais aussi ceux avec un permis de travail, sont exploités dans les métiers les plus durs : construction, ménage, Horeca, livraisons, etc. Ne pas régulariser la situation de nombreux migrants est un cadeau direct aux grandes entreprises qui emploient de nombreux migrants pour des salaires de misère, soit directement soit via des intermédiaires.

Alors les travailleurs ont tout intérêt à dénoncer ces lois Frontex qui augmenteront encore la précarité des migrants. Ils y ont intérêt car le patronat commence toujours par attaquer les travailleurs les plus faibles avant de généraliser ses attaques à l’ensemble des travailleurs. 

Mais l’ensemble des travailleurs y ont aussi intérêt car c’est seulement en s’adressant aux travailleurs migrants en tant que frères et sœurs de classe que le camp des travailleurs pourra l’emporter sur le patronat. Sans quoi, la division et la concurrence entre travailleurs sera une fois de plus l’arme du patronat pour faire entraver les luttes.

Et les travailleurs migrants, qui sont souvent passés par quantité d’obstacles pour arriver jusqu’ici, ne peuvent que renforcer les luttes par leur courage et leur détermination ! 

Les violences de l’État et des employeurs n’empêchent pas les migrants de lutter pour leurs intérêts ! 

La semaine dernière, les travailleurs d’Uber, dont un grand nombre n’ont pas de papiers et sont obligés de passer par des intermédiaires qui prennent une partie de leur salaire, se sont mis en grève ! En 2022, plusieurs travailleuses domestiques sans papier ont fait grève pour dénoncer la précarité et la violence qu’elles subissent, certaines bravant les menaces de leurs employeurs !

Alors combattons les idées nationalistes, racistes et xénophobes ! Les seuls profiteurs sont les capitalistes exploiteurs et fauteurs de guerre ! Travailleurs de tous les pays, unissons-nous pour renverser les milliardaires et leurs serviteurs démagogues !

L'actualité en bref

Les livreurs veulent du respect !

Du 30 avril au 1er mai, les livreurs Ubereats ont fait grève à Bruxelles. Leur situation n’est plus tenable. Depuis maintenant cinq ans, le prix de la course est de 4,42 euros, peu importe la distance, et le trajet jusqu’au restaurant n’est même pas payé. Entre-temps, les prix ont grimpé de 20%. Ce n’est tout simplement pas possible de vivre comme ça, c’est une misère. La seule chose qui les fait tenir, c’est l’espoir de trouver un jour autre chose. 

Mais ce n’est pas tout. Les livreurs sont aussi constamment confrontés au manque de respect des clients, des restaurateurs. Il y a bien sûr les clients qui ne respectent pas les livreurs, annulent ou donnent une mauvaise note, même sans raison, ce qui peut entraîner le blocage temporaire voire le licenciement du livreur. Il y a aussi des problèmes réguliers avec les restaurateurs.

Mais surtout, Ubereats rend la vie des livreurs infernale. Régulièrement, l’algorithme déconnecte le compte d’un livreur. Pour 3 minutes de retard sur une course de 8 minutes, un travailleur a été déconnecté, sans aucun moyen de s’expliquer car tout passe par l’algorithme. Lorsque trop de mauvaises notes ou de problèmes s’accumulent, un livreur peut être exclu par l’algorithme sans aucun moyen de savoir combien de temps cela va durer. 

Ces conditions de travail désastreuses, cela fait des années que les livreurs les dénoncent. En se défendant, ils ont obtenu des droits de la part de la Justice belge, comme par exemple, le statut de salarié, gagné sur papier depuis le 1er janvier 2023. 

Mais en pratique, ces lois ne sont toujours pas respectées et Ubereats continue d’engranger des profits en profitant de leur précarité en toute impunité. Alors les grévistes ont compris que seule la lutte paye. Ils exigent la fin des déconnexions abusives, le respect des décisions de justice, et une augmentation des tarifs à raison de 2 euros par course, de 50 centimes par kilomètre et de 1 euro par dix minutes d’attente chez un restaurateur. 

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Pour préparer la grève, des livreurs ont distribué des tracts et discuté avec leurs collègues livreurs, y compris des autres plateformes comme Deliveroo ou Take Away en se rendant dans les espaces fortement fréquentés. Des porte-paroles de la Ligue des travailleuses domestiques sans papiers sont venues apporter leur soutien aux grévistes.