Nous sommes des dizaines de milliers à manifester ce 12 mai contre les attaques du gouvernement et du patronat !
Les raisons ne manquent pas. Les salaires déjà trop bas sont rongés par les hausses de prix et une indexation insuffisante. Les pensions sont menacées et les allocations maladies et de chômage sont amputées. Dans le privé et le public les conditions de travail se dégradent. Les licenciements, tout comme les suppressions d’emplois, se multiplient. Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg !
A qui profite le crime ? Beaucoup dénoncent les ministres. Oui, mais ce ne sont que des exécutants bien rémunérés. Les véritables commanditaires sont les capitalistes ! Les actionnaires des ING, BNP Paribas, KBC et demain Belfius, à qui l’Etat paye les intérêts de sa dette avec nos impôts. Les actionnaires de l’industrie de l’armement, comme ceux de John Cockerill Defense, KNDS, Thalès ou Safran qui s’enrichissent avec les hausses des budgets militaires. Les capitalistes de l’énergie, comme ceux d’Engie, Total, Luminus, Elia et consort qui profitent de la hausse des prix du pétrole et du gaz.
C’est pour les profits de ces milliardaires, et de tous les autres, que nos salaires, pensions et conditions de travail et de vie sont sacrifiés !
Tant que les capitalistes auront le pouvoir sur l’économie, les gouvernements et l’Etat seront à leur service. C’est pourquoi le slogan « A bas l’Arizona » est trompeur. Changer la couleur du prochain gouvernement, en y envoyant le PS, Groen, ou même le PTB, en plus de Vooruit actuellement, ne permettra pas de se défendre !
Les dirigeants syndicaux francophones ont choisi le slogan « A bas l’Arizona » pour la seule raison d’aider le PS à se refaire une santé électorale. Ils prétendent qu’avec le PS au gouvernement la situation serait « moins pire ». C’est un mensonge ! N’oublions pas qu’en 2014 c’est le gouvernement Di Rupo, avec participation du SP.a, qui avait gelé les dépenses publiques, attaqué les pensions et expulsé des milliers de chômeurs vers les CPAS.
Ne nous laissons pas tromper. Malgré sa cure d’opposition, le PS n’a pas changé. Magnette, le président du PS, a déjà lui-même annoncé qu’il ne reviendrait pas sur la réforme du chômage.
Pour nous défendre, c’est le pouvoir des capitalistes qu’il faut dénoncer, combattre et finalement renverser. Leur système capitaliste ne mène qu’à la misère et à la guerre.
Et c’est bien de la guerre dont il va falloir se défendre en plus de l’austérité. Le militant socialiste Jean Jaurès prévenait : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». Une fois de plus, on ne peut le nier : Ukraine, Palestine, Iran, Congo, Soudan… la guerre économique que se livrent les puissances capitalistes se transforme chaque jour davantage en une 3e guerre mondiale qui menace tous les travailleurs, y compris en Belgique !
En fait, même la prétendue période de paix qui a suivi la 2e guerre mondiale était une période de guerre. Beaucoup célèbrent la date du 8 mai comme l’anniversaire de la défaite du nazisme et donc de la fin de la guerre. Mais la guerre ne s’est jamais arrêtée : seul le front s’est déplacé, il est passé de l’Europe aux pays soumis à la colonisation !
Le 8 mai 1945 ne marque pas seulement la chute du régime nazi en Allemagne, mais aussi le début du massacre de Sétif en Algérie. Là, l’armée française a réprimé dans le sang la population algérienne qui manifestait pour son indépendance faisant 30.000 morts en moins de deux mois !
Voilà ce qu’était la prétendue fin de la 2e guerre mondiale : la guerre en Corée et des années de répression féroces contre les révoltes des colonies : Algérie, Madagascar, Cameroun, Palestine, Congo…
Dans les pays riches, les dirigeants du capitalisme ont voulu nous faire croire que la guerre ne nous concernait plus, qu’en acceptant leur système, il était possible de vivre notre vie en paix…
Ce n’était qu’un mensonge !
Le budget militaire de la Belgique a doublé au cours des 10 dernières années, l’Etat a envoyé une lettre à tous les jeunes de 17 ans pour les inviter à un « service militaire volontaire », et en décembre un général français a déclaré publiquement qu’il fallait se préparer à « accepter de perdre ses enfants ».
Ils ne veulent pas seulement nous faire payer les armes et les profits des multinationales, ils veulent aussi nous embrigader dans leurs guerres pour leurs intérêts de milliardaires !
Mais nous n’avons pas à nous y résigner. Tout comme nous n’avons pas à nous résigner à l’austérité et à l’appauvrissement !
Car les travailleurs sont les plus nombreux et font tout fonctionner ! La classe ouvrière à la force de se révolter et de s’unir par-delà les frontières, pour arracher le pouvoir aux capitalistes et construire une société débarrassée de la misère, de la guerre et de l’exploitation !
