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Carburant, prix, austérité : stop au racket !

Éditorial des bulletins d’entreprises du 29 septembre 2026

Plus de 2€ le litre d’essence, 2,5€ pour le diesel ! A chaque plein, on serre les dents devant le montant affiché à la pompe. La hausse des carburants nous étrangle tous !

Total, Shell, Esso, etc. nous tiennent à la gorge : on doit aller travailler, conduire les enfants à l’école, faire les courses… Comment se passer de la voiture quand le gouvernement supprime des gares, des arrêts de bus et fait monter le prix des transports en commun ?! Les multinationales de l’énergie en profitent et font des milliards de bénéfices en augmentant les prix : au premier semestre 2026 TotalEnergies a même battu son propre record, 10 milliards d’euros de profit !

Mais pour que les actionnaires des grandes entreprises s’enrichissent, de plus en plus de travailleurs peinent à maintenir la tête hors de l’eau !  Combien sommes-nous déjà à compter chaque euro, chaque dépense ? À devoir choisir entre remplir le réservoir ou le frigo ?

Et même cela suffit de moins en moins à boucler les fins de mois. Tous les prix augmentent et les salaires ne suivent pas. Loyer, factures, crédit, impôts, assurances… les travailleurs sont harcelés de tous les côtés. A chaque passage à la caisse des magasins, c’est l’angoisse d’entendre le long « biiiiip » qui accompagne le message « solde insuffisant ». A chaque fois que l’on reçoit du courrier, c’est se demander « qu’est-ce que ça sera cette fois-ci ? Un rappel de facture impayée, une amende… ? »

Le seul moyen de se défendre serait d’imposer des embauches partout où il manque de bras et que les salaires suivent les hausses de prix. Mais de telles mesures ne pourront être réalisées que par de grandes mobilisations unissant l’ensemble de la classe ouvrière et sous son contrôle.

Alors il est urgent de préparer ces luttes. Si nous ne nous défendons pas, la situation ne fera qu’empirer. Le gouvernement De Wever (N-VA) a déjà imposé de nombreuses mesures anti-ouvrières et il ne compte pas s’arrêter là. Le patronat exige maintenant qu’il s’attaque aux salaires, aux primes sur les heures supplémentaires, à l’indexation, et qu’il impose encore 10 milliards de coupes budgétaires, tout en augmentant les budgets militaires.

Les responsables politiques et patronaux espèrent pouvoir imposer ces mesures sans déclencher de révoltes. Ils veulent que les travailleurs se résignent à s’appauvrir, à voir leurs conditions de vies et de travail se dégrader !

Mais nous n’avons aucun intérêt à nous résigner ! Et cela quoi qu’en disent tous ceux qui répètent qu’il n’y a pas d’autre choix possible, qu’ « il n’y a plus d’argent » comme l’affirmait le gouverneur de la Banque Nationale, Pierre Wunsch, sur le plateau de RTL.

Si ! De l’argent il y en a ! Les grandes entreprises engrangent chaque année des milliards de bénéfices qu’elles reversent ensuite à leurs actionnaires. C’est là qu’il faut prendre l’argent !

Mais les gouvernements ne toucheront pas aux profits des actionnaires des grandes entreprises. Tous les partis, de droite comme de gauche, savent qu’une fois arrivés au gouvernement, ils doivent appliquer la politique exigée par le patronat et les marchés financiers. Même le PTB avec sa « taxe sur les millionnaires », sait que les capitalistes ne se laisseraient pas faire. Qu’ils menaceraient de couper les financements de l’État, de « quitter le pays », de fermer les entreprises et de plonger la population dans la misère ! C’est ce qu’ils ont fait en Grèce, en 2015, sous le gouvernement Syriza !

Mais les capitalistes ne sont pas invincibles. Ils ne sont qu’une infime minorité qui ne tirent leur pouvoir que de leur propriété sur les grandes entreprises. Les travailleurs, eux, sont l’immense majorité, et font tout tourner dans la société. Cela leur donne la possibilité de s’unir pour devenir une force gigantesque capable de s’opposer aux capitalistes, de prendre sur les profits pour financer les hausses de salaires, les embauches, le financement des écoles et des soins de santé… En s’unissant, il deviendrait même possible d’aller jusqu’à arracher le pouvoir aux capitalistes, et en prenant le contrôle de l’économie, de bâtir une société nouvelle, débarrassée de la misère, de l’exploitation et des guerres, c’est-à-dire une société communiste.

Une telle lutte ne viendra pas des mobilisations syndicales limitées, comme celle du 9/10 à Bruxelles auxquelles appellent les syndicats en front commun, ou la grève du 12/10 dans les services publics. Néanmoins, il faut utiliser ces occasions et être le plus nombreux possible à manifester, non pas pour « se faire entendre du gouvernement », mais pour s’adresser à tous les autres travailleurs en leur disant « comme vous, nous sommes des travailleurs, et nous refusons de nous laisser faire ! Unissons-nous ! »

Actualités

Grèves dans les services publics

Le front commun syndical appelle à la grève dans les services publics le lundi 12 octobre. A Bruxelles, un préavis de grève de durée indéterminée y est déposé depuis le 1er octobre.

Dans tous les secteurs, les conditions de vie et de travail des travailleurs se dégradent. Dans la fonction publique, le gouvernement multiplie les coupes budgétaires et augmente la pression sur les travailleurs dont les postes ne sont pas supprimés. Dans le privé, les capitalistes licencient et aggravent l’exploitation pour maintenir, voire augmenter, les profits.

Partout, les hausses de prix rognent les salaires, les pensions et les allocations pour enrichir les actionnaires des grandes entreprises. Et en arrière-fond, il y a la marche à la guerre, les dépenses militaires qui explosent, les déclarations nationalistes et bellicistes qui se multiplient pour tenter de préparer les esprits à accepter encore plus de sacrifices.

Les travailleurs ne peuvent se résigner à ce que les dirigeants du capitalisme saccagent leurs vies. Si nous ne nous défendons pas, la situation ne fera que s’aggraver !

Pour faire reculer le patronat et le gouvernement, il faudra s’unir dans une large lutte qui va en s’agrandissant jusqu’à unir tous les secteurs.

Mais ce n’est pas à cela qu’appellent les dirigeants syndicaux. Cela fait des années qu’ils font tout pour que les luttes restent limitées et se dispersent avant même qu’elles puissent s’étendre. La seule possibilité qu’une lutte importante voie le jour, c’est qu’elle vienne des travailleurs eux-mêmes, et qu’elle soit organisée sous leur contrôle. Alors il faut la préparer !

Et c’est à cela que peuvent servir les grèves, même limitées, organisées par les syndicats. En faisant de la grève un moment de discussion et d’organisation entre collègues, pour réfléchir à nos revendications, à comment gagner d’autres collègues, comment étendre le mouvement et à la manière d’organiser les prochaines actions, sans attendre les directives des dirigeants syndicaux.

En France, et aussi en Belgique comme à Liège, les jeunes n’ont pas attendu de directives pour se mobiliser et pour montrer qu’ils veulent changer les choses. Ils ont raison ! Les médias repassent en boucle les images des poubelles brûlées et des vitres cassées pour tenter de décrédibiliser le mouvement de la jeunesse, mais quelques dégradations matérielles ne pèsent pas lourd face à tout ce que détruisent les capitalistes et les gouvernements à leur service ! Les travailleurs pourront trouver un point d’appui dans l’énergie de cette jeunesse qui ne se résigne pas à l’avenir que le capitalisme veut lui imposer !