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Vive la lutte des élèves et des enseignants !

Editorial des bulletins d’entreprises du 10 juin 2026

Dans la foulée du mouvement parti de Liège, des milliers d’élèves et d’enseignants ont manifesté jeudi 4 et vendredi 5 juin à Bruxelles, Namur et Charleroi contre les mesures d’austérité imposées à l’enseignement francophone. Pour beaucoup d’élèves, c’était une première manifestation.

Les mobilisations de la jeunesse sont souvent enthousiasmantes. Elles peuvent devenir contagieuses. Ainsi l’État a envoyé sa police barricader les rues autour des institutions et du parlement. Les policiers n’ont pas hésité à matraquer et gazer des élèves et des enseignants qui demandaient simplement des moyens pour leur école.

Le parlement a finalement voté le décret-programme vendredi en pleine nuit, imposant des mesures d’austérité à presque tous les secteurs de la Fédération Wallonie Bruxelles_: petite enfance, associations, etc.

Dans l’enseignement obligatoire, cela signifie la fin du statut pour les enseignants, l’obligation de travailler deux heures de plus gratuitement pour les enseignants de 4e, 5e et 6e secondaire, ce qui entraînera au moins 1.300 pertes d’emplois, ainsi que de nouvelles coupes budgétaires dans les écoles, notamment sur les cantines.

Dans l’enseignement supérieur, le minerval augmentera pour atteindre près de 1.200 euros. Ces mesures vont encore aggraver les conditions de travail et d’étude, et rendront l’accès à l’enseignement encore plus difficile pour les familles populaires.

Les directions syndicales et les partis de gauche ont protesté car le vote accéléré n’a pas respecté la démocratie formelle du parlement. Oui, les ministres et les parlementaires ont voté, malgré l’opposition d’une large majorité de la population. Ils n’avaient pas été élus pour cela, mais ils appliquent les exigences du patronat_: faire payer à la population le remboursement de la dette, les cadeaux aux capitalistes et les dépenses militaires.

Le PS, Ecolo et le PTB étaient fiers d’utiliser des artifices de procédure pour repousser le vote. Mais des enseignants disaient eux-mêmes_: si la réforme était votée plus tard, en plein été, ce ne serait pas mieux. Il serait alors encore plus difficile pour les élèves et les professeurs de se mobiliser, alors que les écoles sont fermées. La seule issue, c’est le retrait pur et simple du décret_! Et ça, seule une mobilisation importante qui dépasse le secteur de l’enseignement pourrait l’imposer.

Est-ce qu’avec le parti socialiste au gouvernement ce serait mieux_? Lorsqu’elle est au gouvernement, la gauche applique les mêmes politiques d’austérité que la droite. Vooruit est aujourd’hui au gouvernement fédéral, où les budgets des soins de santé, du chômage sont massivement rabotés. Au gouvernement flamand, les socialistes ont validé 63 millions d’euros de coupes budgétaires dans l’enseignement secondaire pour l’an prochain. Ce même gouvernement prévoit aussi de durcir les conditions d’accès aux bourses dans l’enseignement supérieur, ce qui pourrait en exclure 20.000 étudiants.

Quand Di Rupo (PS) était Premier ministre entre 2011 et 2014, il a imposé, avec le Vooruit notamment, des dizaines de milliards d’euros de coupes budgétaires. En 1996, c’est la ministre PS Onkelinx qui a supprimé 3.000 postes d’enseignants malgré des mois de grève.

Face aux capitalistes et au gouvernement à leur service, il n’y a pas d’autre voie que de nous défendre dans une lutte qui s’élargit d’un secteur à l’autre.

Car les problèmes auxquels nous faisons face sont quasiment les mêmes d’un secteur à l’autre. Les travailleurs de la poste ou du rail voient eux aussi leur charge de travail augmenter.

Les menaces de licenciement pèsent sur les fonctionnaires, sur les travailleurs de Volvo, Plasman, Nike, de la chimie ou de la grande distribution, comme elles pèsent aujourd’hui sur les enseignants.

En Flandre, les enseignants et les étudiants subissent des politiques d’austérité similaires à celles de la Fédération Wallonie Bruxelles. Face à cette offensive générale contre les travailleurs, il faut une riposte générale.

Non seulement il faudra nous défendre contre les politiques d’austérité et les licenciements, mais demain les capita­lis­tes chercheront aussi à nous embrigader dans leurs guerres.

Aujourd’hui, ce sont les Libanais, les Soudanais, les Congolais, les Ukrainiens et les Russes qui meurent sous les bombes et les drones. La raison de ces guerres ? Le pétrole, les minerais, les marchés que veulent accaparer les capitalistes.

La concurrence entre les capitalistes leur impose de se faire la guerre économique et militaire. Ce qui fait que si une paix était négociée aujourd’hui en Ukraine, ce ne serait qu’une paix des cimetières, avant que les hostilités reprennent.

Pour empêcher cela, les travailleurs n’ont d’autre choix que d’enlever leur pouvoir de nuire aux capitalistes en prenant le pouvoir eux-mêmes.

Actualités

Grève chez Plasman (Gand)

Les travailleurs de Plasman Gent, sous-traitant de Volvo, ont fait grève pendant trois jours.

L’entreprise, qui compte environ 350 travailleurs et produit notamment des pare-chocs pour Volvo Cars, perdait son contrat avec ce dernier. Cela menace 130 emplois chez Plasman.

La grève, qui a mobilisé au-delà des ouvriers directement menacés de licenciement, a touché l’usine de Volvo Cars qui a été arrêtée pendant plusieurs jours.

Vendredi 5 juin, les directions syndicales ont conclu un accord avec la direction sur les indemnités légales et extralégales de licenciement.

Mais l’indemnité extralégale proposée de 1.200 euros brut par année d’ancienneté, était largement insuffisante pour de nombreux ouvriers.

Bien que les directions syndicales aient fait voter les employés avec les ouvriers pour diluer leur vote, le projet d’accord a été rejeté par 55 % des votants.

Les directions syndicales ont pourtant annoncé la reprise du travail, au motif que la majorité des deux tiers (66%) nécessaire selon eux pour poursuivre la grève n’avait pas été atteinte et qu’il fallait « respecter les accords conclus » avec la direction.

Quand une majorité des ouvriers rejette un accord mais que la grève est arrêtée malgré tout, il faut poser la question : à quoi servent ces seuils de vote aussi élevés, sinon à freiner la combativité des travailleurs, à faire passer les accords conclus avec la direction et à limiter le recours aux indemnités de grève ?

Chantage patronal à H&M Ghlin

Une large majorité des 324 travailleurs présents lors du vote organisé par les syndicats ont fini par accepter le plan de la direction de H&M pour la fermeture du site de Ghlin cet automne.

La multinationale, dont les profits battent des records, impose donc un « plan social » de… 1.500 euros brut par année d’ancienneté comme indemnités extralégales et un budget forma­tion de 500 euros par travail­leurs. Bien inférieur à ce qu’ils demandaient.

Les organisations syndicales ont présenté ce plan comme « à prendre ou à laisser », relayant ainsi le chantage du groupe.

La direction n’avait pas hésité, début juin, à utiliser la police et les huissiers pour imposer un lock-out aux ouvriers et imposer ses conditions.

Comme à Thy-Marcinelle, dans la sidérurgie, des groupes internationaux, aux actionnaires milliardaires, considèrent que « les plans sociaux » appartien­nent au passé.

Mais les luttes syndicales entreprise par entreprise appartiennent elles aussi au passé, et les patrons découvriront tôt ou tard les explosions sociales qui inverseront les rapports de force.

Volvo: clientélisme patronal

Le groupe automobile Geely, basé en Chine et propriétaire de Volvo, a réclamé des millions d’euros d’argent public pour que l’usine de Volvo Cars à Gand reste – peut-être – en Belgique.

Le gouvernement flamand s’est aussitôt exécuté : 119 millions d’euros de cadeaux pour un groupe qui engrange chaque année des milliards de profits.

Pour les patrons, les petits arrangements avec l’État sont “légaux” et se chiffrent en centaines de millions.