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Les capitalistes nous entraînent vers la catastrophe, il faut les arrêter !

« L’ordre international post-1945, sous l’égide des États-Unis, est aujourd’hui en train de s’effondrer. » Ces mots ouvraient le 13 février la conférence de Munich, pendant laquelle les dirigeants européens se rassemblent pour discuter de « sécurité », en fait de diplomatie, d’armement et de guerre. Le chancelier allemand Friedrich Merz y affirmait, lui, que l’ordre mondial basé sur « le droit et les règles » n’existait plus, et qu’ « un fossé s’est creusé entre l’Europe et les États-Unis ».
Entre les petits fours et les rencontres avec les industriels de l’armement, les dirigeants européens ont enchaîné les déclarations guerrières. « Nous devons construire un pouvoir fort […] et, si nécessaire, être prêts à nous battre » a affirmé Keir Starmer, le premier ministre du Royaume-Uni. Le président français Macron s’est félicité de ce que l’Europe se « réarme massivement » face à la prétendue menace russe.
Cette préparation guerrière ne se fait pas qu’en parole. Le prêt de 90 milliards qui a été accordé à l’Ukraine par l’Union européenne ne sert pas à défendre la « souveraineté » ukrainienne. Ce n’est qu’un prétexte pour les capitalistes européens qui veulent augmenter leur part dans le dépeçage de l’Ukraine et gaver de profits les patrons de l’armement. Pour eux, les 2 millions d’Ukrainiens et de Russes victimes de cette guerre n’étaient que de la chair à canon. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les profits des industriels et des banques », disait Anatole France après la première guerre mondiale.
Les politiciens et chroniqueurs prétendent que face à un monde de plus en plus violent, la seule manière de se protéger est de renforcer l’armée. Mais l’armée et l’État ne défendent pas la population. En Belgique, Theo Francken, le ministre de la « défense », veut que l’armée participe à la chasse aux migrants. Il entraîne ses soldats à arrêter des travailleurs, aujourd’hui étrangers, pour que demain l’armée puisse servir contre tous les travailleurs quelle que soit leur nationalité. On voit de quel côté sont l’État et les tribunaux, quand le Conseil d’État interdit trois jours de grève pour les cheminots !
Cet État et cette armée sont des instruments contre les travailleurs ! Ceux qui détiennent le pouvoir ne sont pas les gouvernements, mais les milliardaires à la tête des industries et des banques.
En fait l’Europe unie n’a jamais existé, ce n’est qu’un ensemble d’États en concurrence les uns avec les autres, avec des industriels opposés les uns aux autres. L’ancien dirigeant de la banque centrale européenne, Mario Draghi, affirme que l’Union européenne ne devait pas rester « un groupe d’États », mais devenir un État fédéral. Ce serait une illusion de croire que les capitalistes européens pourraient s’unir pour concurrencer les États-Unis ! La majorité des armes « européennes » sont achetées aux USA ! Et quand elles ne le sont pas, qui profitera des commandes ? Le français KNDS ou son concurrent allemand Rheinmetall ?
La seule chose sur laquelle les capitalistes parviennent à s’accorder, c’est pour augmenter les cadeaux aux grosses entreprises avec de l’argent public. Quand des centaines d’industriels se sont réunis à Anvers le 11 février pour exiger que l’Europe les couvre de cadeaux, les dirigeants européens ont immédiatement obtempéré. Ils se sont engagés dès le lendemain, lors d’un sommet européen, à faire baisser les prix de l’énergie, les charges administratives, les règles environnementales et à augmenter les commandes publiques pour les grandes entreprises.
Pourtant, ces industriels, comme Solvay, BASF, TotalEnergies, Engie, versent des milliards de dividendes à leurs actionnaires. Ce sont eux qui ont déjà supprimé 75.000 emplois industriels dans la chimie en Europe depuis 2024, alors qu’ils avaient largement les moyens de les payer. Et on devrait accepter qu’ils reçoivent encore plus d’aides de l’État ? De payer encore plus de taxes ? De sacrifier encore plus les hôpitaux, les écoles ou les transports en commun sur l’autel du profit ?
L’affaire Epstein montre, dans sa réalité sordide, comment ces capitalistes et leurs valets politiciens sont organisés à l’échelle planétaire dans des réseaux. Comment ils discutent de leurs intérêts tout en abusant de femmes, voire d’enfants, pendant des dizaines d’années, sans être inquiétés.
Et il faudrait que l’on se sacrifie pour ces parasites qui nous emmènent vers la catastrophe ? L’immense majorité de la population mondiale n’a aucun intérêt à accepter d’être mené à la boucherie sans broncher. Les travailleurs, qui sont au cœur de l’économie, ont la force de les renverser et de construire une société débarrassée des guerres, des oppressions et de l’exploitation !

Actualités

Grève chez Roger et Roger

À Mouscron, les travailleurs d’une usine de production de chips et de snacks sont en grève pour contester le licenciement d’un de leur collègue ouvrier. Les travailleurs dénoncent la direction qui refuse d’entendre leur point de vue sur ce qu’elle considère être « une faute grave ».

En quelques jours, le fait d’arrêter le travail et de se réunir au piquet de grève a permis de discuter des problèmes de tous les jours. Conditions de travail qui se dégradent, accès restreint aux sanitaires, chaîne installée sur la grille d’une sortie de secours… Les raisons ne manquent pas de vouloir se défendre !

Des dirigeants complices

Un officier de l’armée israélienne a visité l’entreprise d’armement FN Herstal avec une délégation d’autres représentants d’armées.

Alors que la population de Gaza continue de subir les bombardements et les massacres de l’armée israélienne, cette visite montre la complicité et les liens entre les dirigeants belges et l’armée israélienne. La FGTB de l’entreprise a réagi en appelant à une grève de 24 heures pour marquer son opposition.

Grève chez Bpost

Les facteurs du bureau de Philippeville sont en grève depuis deux semaines. Ils ont subi en premiers la « réorganisation » des tournées dans leur zone de distribution. Sous prétexte « d’optimisation » face à la concurrence dans la livraison de colis, la direction impose aux facteurs des tournées plus chargées et qui alternent tous les deux jours.

Ce n’est qu’une manière de réduire le nombre de tournées, augmenter la charge de travail pour chaque facteur et probablement préparer les futurs licenciements. Pour faire reculer la direction, les facteurs de Philippeville auront besoin de s’allier aux travailleurs des autres bureaux de Bpost et des autres secteurs