Editorial des bulletins d’entreprises du 29 août 2026
Après un été de canicules, d’incendies et de prix qui s’envolent, à part les milliardaires et millionnaires, difficile de dire qui, dans ces conditions, démarre le mois de septembre reposé et frais.
Beaucoup ont continué à travailler tout l’été, souvent sous plus de 30°. D’autres ont sacrifié leurs congés aux travaux et réparations reportés faute de temps pendant l’année et d’argent pour payer un professionnel. D’autres encore, exclus des allocations de chômage, ont passé l’été à postuler et à se demander comment payer les factures. Et pour ceux qui ont réussi à décrocher un peu cet été_: les épaules, à peine détendues, se raidissent déjà.
Car on est nombreux à voir que cette année encore, tout va empirer. Les professeurs du degré supérieur passent de 20 à 22 heures de cours, pour le même salaire, tandis que beaucoup de leurs collègues perdent leur emploi. Dans les soins, face à la pénurie d’infirmières, le gouvernement transfère des tâches plutôt que d’embaucher. Les actes pouvant être confiés aux aides-soignants ont déjà été élargis ces dernières années, et depuis cet été, de nouveaux actes infirmiers peuvent encore être délégués au sein des équipes. Quant aux pompiers de Bruxelles, ils ont obtenu par la grève la promesse de 132 recrutements supplémentaires_: des embauches bienvenues mais qui ne combleront pas le manque d’effectifs et n’arriveraient qu’en fin 2027.
Partout, il faut travailler plus pour le même salaire. Voire un salaire plus faible quand on retrouve un travail après un licenciement. Et même indexé, ce salaire permet d’acheter de moins en moins. Aux prix déjà élevés de l’essence, de l’alimentation ou du logement s’ajoutent les mesures d’austérité_: école, transports, soins, chauffage… tout coûte davantage.
Un postier raconte qu’il ne sait pas comment faire face à l’augmentation du minerval pour ses deux enfants. En Wallonie et à Bruxelles, des familles découvrent que les repas chauds, jusque-là gratuits dans certaines écoles accueillant les élèves les plus précarisés, ne le seront plus. Comment vont faire les parents_? Trouver, pour cuisiner, du temps et de l’argent qu’ils n’ont déjà pas_?
À toutes ces dépenses qui mangent le salaire dès le début du mois s’ajoutent de mauvaises surprises. Dans plusieurs communes, le précompte immobilier augmente_: pour des propriétaires aux petits revenus cela peut représenter plusieurs centaines d’euros à sortir d’un coup. Partout, les travailleurs se retrouvent pris en étau_: toujours plus de dépenses d’un côté, toujours plus de pression au travail de l’autre, pas mieux payés, ou même plus mal.
Mais il faut croire que ce n’est toujours pas assez aux yeux des patrons et du gouvernement. Les ministres cherchent maintenant 10 milliards d’euros supplémentaires dans les poches des travailleurs pour boucler le budget. Et tout ça pour quoi_? Pour restaurer les Hautes Fagnes ou engager les pompiers_? Bien sûr que non.
Le gouvernement fédéral a dépensé, en 2025, 11,3 milliards d’euros en transferts aux entreprises. Parmi ces transferts_: 190 millions pour Electrabel, une entreprise qui a versé en mai 2026 plus de 10 milliards d’euros à sa maison-mère Engie_: « la plus importante distribution de bénéfices jamais réalisée en Belgique », selon L’Écho.
De leur côté les travailleurs reçoivent leur avertissement-extrait de rôle, exigeant souvent des centaines, voire des milliers d’euros à payer avec des comptes en banque déjà vides_!
Et pendant qu’au niveau mondial les richesses s’accumulent du côté des capitalistes, des populations entières restent démunies face aux crises_: en RDC, l’épidémie d’Ebola a déjà fait plus de 3.000 morts_; au Népal et au Tibet, les glissements de terrain suite à la fonte des glaces viennent d’ensevelir des milliers de personnes.
Partout, les profits vont aux actionnaires_; mais les conséquences d’un système qui ne tourne que pour le profit, ce sont toujours les populations qui les payent_!
Et quand leurs intérêts sont menacés, les grandes puissances n’hésitent pas à utiliser tous leurs leviers pour étrangler les pays dont elles veulent faire plier les gouvernements. À Cuba comme en Iran, les sanctions économiques restreignent l’accès aux médicaments, à l’alimentation et aux produits essentiels pour une grande partie de la population.
Voilà la réalité_: alors que des millions de gens peinent de plus en plus à payer leur logement, leurs courses ou leurs soins, de quoi se préoccupent les principaux dirigeants de cette planète_? Affamer les populations de Cuba et d’Iran pour imposer leur domination_! Et préparer une généralisation des guerres, notamment contre la Chine. Ce système est à bout. Il faut le renverser.
