Fin août, plusieurs fusillades liées au trafic de drogue ont eu lieu à Bruxelles. Elles s’ajoutent à la cinquantaine de fusillades qui s’y sont déjà produites depuis le début de l’année.
Le trafic de drogue et la violence qui l’accompagne touchent directement les quartiers populaires. Ce sont les balles perdues qui peuvent tuer ou blesser gravement de simples passants, comme ce père de famille rendu paraplégique après avoir été touché par une balle perdue en avril à Saint-Josse. C’est le deal en pleine rue ou devant les immeubles, la violence qui s’accroît dans certaines communes, mais aussi la crainte de voir un proche tomber dans l’addiction ou dans les réseaux mafieux.
Face aux trafiquants, les partis de gouvernement n’ont à offrir que leur démagogie. Les partis de droite accusent les bourgmestres socialistes de « laxisme ». Mais que peuvent réellement des bourgmestres face à des réseaux de trafiquants organisés à l’échelle internationale ?
Les parlementaires et les bourgmestres PS, eux, font dans la démagogie anti-flamande. Ils expliquent que le problème de la drogue viendrait du port d’Anvers, auquel les politiciens anversois refuseraient de s’attaquer. Mais si le port d’Anvers est une plaque tournante du trafic de drogue en Europe, c’est d’abord parce qu’il est l’un des plus grands ports du continent.
Le trafic de drogue, comme le commerce des autres marchandises, passe par les grands centres logistiques mondiaux. Ainsi, une partie importante de la drogue qui arrive à Anvers est ensuite acheminée et distribuée à travers l’Europe, principalement via les Pays-Bas où la violence liée à la drogue est forte.
Mais tous les partis, du PTB au Vlaams Belang, finissent par s’accorder sur la même réponse : « plus de policiers » pour lutter contre le trafic. Certains réclament aussi davantage de caméras de surveillance, des contrôles renforcés ou des peines plus lourdes contre les consommateurs et les dealers.
La police peut arrêter des dealers, saisir de la drogue ou démanteler certains réseaux, quand elle ne participe pas elle-même directement au trafic. Mais la répression policière ne peut pas faire disparaître un business aussi rentable. Un réseau démantelé est rapidement remplacé par un autre.
La montée du trafic est la conséquence de l’aggravation de la crise du capitalisme, à laquelle ces politiciens refusent de s’attaquer. Le délabrement de la société, la misère et le chômage fournissent aussi bien des consommateurs que des dealers.
Mais ces derniers, qu’il s’agisse de jeunes désœuvrés, de chômeurs ou de sans-papiers auxquels on refuse des papiers et le droit de travailler légalement, ne sont que les petites mains de mafias organisées à l’échelle internationale et dirigées par de véritables capitalistes qui brassent des milliards et blanchissent leur argent à travers les grandes banques.
Pour faire reculer durablement les trafics, il faudra en finir avec le capitalisme qui produit la misère et fait du profit sa seule loi, jusque sur la drogue et la violence.
