Ukraine : le massacre continue

Samedi 5 septembre, Poutine recevait à Moscou deux émissaires américains pour discuter de la guerre en Ukraine. Il ne s’agit vraisemblablement là que d’une énième négociation officielle sans lendemain. Rien ne laisse présager une cessation des hostilités. Depuis quatre ans, cette guerre qui a déjà fait plus de deux millions de morts ou blessés, continue de faire rage sur un front qui ne bouge guère.

Il se pourrait qu’une fois le scrutin législatif du 18 au 20 septembre passé, le Kremlin lance une nouvelle mobilisation pour ponctionner 300.000 soldats supplémentaires sur la population russe.

L’État ukrainien, armé par les Occidentaux, malgré la corruption et les concurrences au sommet, continue de sacrifier sa population pour tenir la ligne de front, autrement dit pour défendre les investissements des capitalistes américains et européens en Ukraine.

Tout pousse pour que dans l’un et l’autre pays, le mécontentement monte. C’est en tout cas ce que l’on peut conclure du raidissement de la dictature dans ces deux pays.

En Russie, la Cour suprême vient d’interdire à un parti d’opposition de plus de participer aux élections législatives de septembre. Poutine s’inquiète visiblement qu’une fraction de l’électorat puisse se saisir de la présence de partis « non poutiniens » pour le désavouer lors du scrutin.

En Ukraine, le militant trotskyste ukrainien Bogdan Syrotiuk vient d’être condamné par le tribunal de Pervomaïsk à quinze ans de prison. Dès le début l’ « opération militaire spéciale » de Poutine en 2022, Bogdan a dit et écrit que les travailleurs russes et ukrainiens devaient s’unir contre cette guerre. C’est cela, ainsi que sa dénonciation de la propagande nationaliste du régime de Kiev, qui lui vaut aujourd’hui d’être condamné pour « haute trahison ».

Cette perspective, celle de la révolte des populations russes et ukrainiennes contre leurs propres dirigeants, contre les oligarques et les capitalistes occidentaux, est aujourd’hui la seule qui porte l’espoir de mettre fin à la guerre.