Hôpitaux en surchauffe

Avec la canicule, les hôpitaux et l’ensemble des services de soins ont été soumis à une pression considérable face à l’afflux important d’appels et de patients.

Les familles des milieux populaires ont été les premières touchées. Beaucoup vivent dans des logements mal isolés, impossibles à rafraîchir, où la température devient rapidement insupportable. Les personnes âgées, les malades chroniques, les enfants et toutes celles et ceux dont la santé est déjà fragilisée se retrouvent ainsi directement mis en danger.

Dans les services d’urgence, la charge de travail des équipes explose. Les soignants doivent courir partout pour compenser le manque de personnel et d’infrastructures. Ils doivent prendre en charge toujours plus de patients avec pas plus, voire moins de moyens.

Selon une enquête syndicale menée auprès de 5.000 soignants, la moitié d’entre eux déclare être régulièrement contraints de travailler alors qu’ils sont malades, et un tiers fait des heures supplémentaires chaque semaine.

Le manque de personnel entraîne une multiplication des heures supplémentaires. Celles-ci provoquent l’épui­se­ment, les arrêts maladie et le départ de nombreux soignants. Ces départs aggravent ensuite les pénuries et obligent le personnel restant à travailler encore davantage.

Des patients hospitalisés pour des maladies ordinaires se sont retrouvés en réanimation à cause d’hyperthermie. Au lieu d’être protégés à l’hôpital, des malades ont été exposés à des températures dépassant les 30°C dans certains services.

Comment accepter que des patients et des soignants suf­foquent dans les hôpitaux pendant que les gouvernements trouvent des milliards pour acheter des avions de chasse et des missiles ? La logique de la bourgeoisie est toujours la même : sacrifier la santé, les salaires et les services publics au nom de la compétitivité, des profits et de la guerre. Une société capable de produire d’immenses richesses devrait pouvoir garantir des hôpitaux correctement équipés, des bâtiments adaptés aux fortes chaleurs et des conditions de travail dignes. Si elle ne le fait pas, ce n’est pas par manque de moyens, mais parce que ces moyens sont accaparés par une minorité de capitalistes.