Avec ou sans emploi, même combat

Le premier juillet, ce sont 40.000 chômeurs supplémentaires qui ont été privés de leurs allocations. En tout, depuis janvier 2026, ce sont 170.000 personnes qui sont privées de leurs revenus parce qu’elles cumulent plus de deux ans de chômage.

Diviser pour mieux régner

Le gouvernement a multiplié les sorties insultantes et les mensonges pour justifier sa réforme. Bart De Wever (N-VA) avait affirmé que le chômage en Belgique était un « hamac pour la vie ». Le ministre de l’emploi, Clarinval (MR), avait prétendu, avant de reconnaître que c’était un mensonge, que, parmi les chômeurs en Belgique, « moins de la moitié sont belges », ajoutant de la division raciste à la propagande anti-chômeurs. Et Georges-Louis Bouchez (MR) avait osé proclamer que « cette mesure rapportera désormais 2 milliards d’euros par an à l’État. De l’argent qui servira à augmenter le salaire net des travailleurs. »

Ces mensonges font partie d’une campagne de propagande destinée à monter la population contre les chômeurs, en les faisant passer pour des profiteurs qui resteraient volontairement au chômage pour éviter de travailler. Mais c’est un mensonge ! Les chômeurs sont avant tout des travailleurs ! Avant de tomber au chômage, ils ont dû travailler, et ont été licenciés, avant d’obtenir une allocation chômage.

Et il y a 100 ou 150 ans, ce sont bien les travailleurs qui ont commencé à mettre en place les caisses de chômage, avant que celles-ci ne soient reprises par l’État, pour faire face à l’insécurité économique que ne cesse de provoquer le capitalisme ! Car les responsables du chômage sont avant tout les grands patrons qui peuvent utiliser leurs milliards pour embaucher et exploiter plus de travailleurs… ou pour licencier massivement s’ils pensent que cela va leur rapporter plus. Mais pour éviter de voir les travailleurs, avec ou sans emploi, s’unir contre eux, les grands patrons et les politiciens à leur botte tentent de monter les uns contre les autres.

Vagues de précarisation

D’après l’ONEM, seuls 10% des exclus du chômage ont retrouvé un emploi ! Et encore, c’est probablement pour la plupart des emplois précaires, intérimaires ou CDD, vu à quel point ce type de contrat se développe. De manière générale, il n’y a officiellement qu’un poste vacant pour quatre chercheurs d’emploi, et encore, beaucoup de postes vacants n’existent que sur papier.

Parmi les exclus du chômage qui ne retrouvent pas de travail, 40% tentent de percevoir une allocation aux CPAS, qui se retrouvent débordés sous les demandes. Le gouvernement a intentionnellement sous-estimé le nombre des exclus qui demanderaient de l’aide aux CPAS pour justifier des financements insuffisants et faire des économies.

Cette situation surcharge de travail les assistantes sociales des CPAS et poussent les politiciens qui les dirigent à chercher par tous les moyens à refuser ou diminuer l’aide sociale à ceux qui en ont besoin. Et les exclus qui ne retrouvent pas d’emploi et qui ne vont pas au CPAS sont contraints de manger sur leur épargne, s’ils en ont, ou de faire appel à la solidarité familiale et de vivre dans la débrouille.

Ces exclusions, loin de pousser qui que ce soit à trouver un emploi, poussent des milliers de personnes encore plus loin dans la précarité et la misère.

Une enquête de la mutualité Solidaris dénonçait par exemple que des milliers de familles monoparentales, en majorité des mamans solo, sont touchées par ces exclusions. En perdant leur allocation, elles risquent aussi de perdre leur logement ou leur accès à la crèche, rendant leur recherche d’emploi encore plus problématique.

Parmi les exclus se trouvent également un grand nombre de personnes âgées de plus de 50 ans, pour qui il est quasiment impossible de trouver un emploi correct et pas trop éloigné.

Même dans la quatrième vague qui vient d’être exclue et dont le gouvernement prétendait qu’il s’agissait majoritairement de jeunes, 42% ont plus de 50 ans.

Les chômeurs sont des travailleurs !

Cette réforme ne sert pas à remettre les gens au travail ! Pour cela, il faudrait aller prendre sur les profits des capitalistes pour embaucher massivement et se répartir le travail entre tous, sans perte de salaire !

La vraie raison de la réforme du chômage est de couper dans les budgets utiles à la population pour augmenter les milliards d’argent publics offerts au grand patronat, et pour augmenter les budgets de l’armement.

Loin de permettre des augmentations de salaire comme le prétendent les politiciens, les exclusions tirent au contraire les salaires et les conditions de travail vers le bas ! Les patrons peuvent se permettre de proposer des postes moins bien payés et plus précaires, et même refuser les travailleurs qui poseraient trop de questions sur le salaire ou les conditions de travail lors de l’embauche.

La seule manière de faire augmenter nos salaires et d’améliorer nos conditions de vie, ce sera en s’unissant à l’échelle de tous les travailleurs, avec ou sans emploi, pour mener une lutte frontale contre le patronat et le gouvernement qui les sert.