Roland Duchâtelet, milliardaire, ancien propriétaire du club de foot de Saint-Trond, ex-président du Standard, ancien sénateur Open Vld et nouvel adhérent au MR, a récemment plaidé dans une interview à De Morgen pour… le travail des enfants dès douze ans !
« Ici dans la région, nous devons tout le temps embaucher des Roumains pour cueillir des fruits, mais des enfants pourraient tout aussi bien cueillir des pommes et des poires » explique M. Duchâtelet qui arrive en une seule phrase à mêler travail des enfants et racisme crasse.
Mais bien sûr ! Comment n’y avons-nous pas pensé plus tôt ? Qu’ont donc de mieux à faire les enfants ? Certainement pas aller à l’école puisque, selon lui, « un très grand nombre d’enfants s’ennuient à mourir à l’école. Ils gâchent leur temps parce que ça va trop lentement, ou trop vite ». Et voilà ! Problème réglé : les enfants gambadent dans les champs à cueillir des pommes et ne s’ennuient plus à l’école ! Simple comme bonjour.
On pourrait croire à une mauvaise blague. Mais ces déclarations nourrissent un discours mensonger bien réel : présenter le travail des enfants comme un sympathique « coup de main au voisin » ou quelques voitures lavées pour gagner un peu d’argent.
La réalité est tout autre. Les 15-17 ans qui travaillent aujourd’hui en Belgique sont employés dans de véritables entreprises, dans le commerce, l’HoReCa, l’intérim. Et la loi autorise jusqu’à 650 heures de travail étudiant par an, loin de quelques heures passées à aider un voisin !
En plus de passer leur jeunesse à se faire exploiter plutôt qu’à se former et se cultiver, les jeunes qui travaillent sont particulièrement touchés par les accidents de travail. L’an dernier, en France, cinq adolescents sont morts à la suite d’un accident au travail. En 2023, en Belgique, un jeune de 17 ans est mort, à la suite d’une chute d’un bloc de béton, lors de son premier jour de stage sur un chantier ! Selon Fedris, l’agence fédérale des risques professionnels, 251 accidents de travail ont touché des jeunes de 15 à 19 entre 2022 et 2024.
M. Duchâtelet agit ici en fidèle représentant de sa classe : celle des capitalistes pour qui le travail des autres est une source de profits. Rien de très étonnant venant d’un milliardaire qui a bâti sa fortune comme actionnaire dans l’industrie des semi-conducteurs, dépendante de chaînes mondiales de minerais (cobalt, étain, etc.) dans lesquelles le travail des enfants, y compris comme esclaves, est largement documenté, notamment dans les mines et le textile.
