Respect Senior, l’agence wallonne de lutte contre la maltraitance des aînés recense une augmentation des cas rapportés de mauvais traitements dans les maisons de repos, comme des négligences et aussi des facturations abusives.
Ces « dysfonctionnements » seraient passés de 662 en 2023 à 720 en 2024. Ces chiffres sont probablement bien en-dessous de la réalité. Car dans cette société où tout doit générer du profit, la maltraitance des résidents comme du personnel lui-même, est devenu le fonctionnement normal des maisons de repos.
Respect Senior dit elle-même que les situations de maltraitance surviennent avec la surcharge de travail, le sous-effectif et la désorganisation. Autant dire les trois règles d’or du travail en régime capitaliste !
Quand on commence à travailler dans une maison de repos, on découvre dès le premier jour une règle qu’on n’oublie jamais : apprendre à faire ce qu’on peut sans moyens insuffisants. Travailler en sous-effectif constant sans disposer de tout le matériel nécessaire, accepter de voir la souffrance sur le visage de certains patients sans avoir les moyens d’y remédier.
Soignants démunis de moyens
Ce n’est pourtant pas la volonté qui manque aux soignants ! La plupart se donnent à 100% et plus, enchaînent les heures supplémentaires, jusqu’à développer des douleurs au dos ou aux épaules. À certains endroits, des soignants reprennent même chez eux une partie du linge sale pour le nettoyer à la maison, à leurs frais !
Bien sûr que les travailleurs des maisons de repos souhaiteraient pouvoir traiter dignement chacun des patients ! Mais le système capitaliste et ses dirigeants les en empêchent. Il n’y a qu’à rappeler que pendant l’épidémie de Covid en 2020, la maltraitance allait parfois jusqu’à devoir laisser les patients s’étouffer sans avoir aucun moyen de diminuer leur souffrance. Car un dispositif de soins intensifs ne se construit pas avec de la bonne volonté mais avec des ressources matérielles et du personnel en suffisance !
Les coupes budgétaires supplémentaires prévues par le gouvernement fédéral ne vont pas inverser la tendance ! En diminuant les embauches et le financement des infrastructures, cela ne fera que s’aggraver. Pourtant il manque déjà de place partout. Certaines personnes âgées ont le temps de mourir avant d’obtenir une chambre dans une résidence, alors que 19 maisons de repos ont fermé leurs portes ces cinq dernières années, rien qu’à Bruxelles. Et certaines pour le motif explicite du « manque de rentabilité » !
Nous n’avons pas à accepter cette situation ! Nous devons la dénoncer et pointer du doigts les capitalistes et leurs gouvernements successifs.
Et il est nécessaire de garder à l’esprit qu’un autre modèle de société est possible. Une société communiste, qui soit basée sur les besoins de la population et qui utilise les moyens gigantesques de l’humanité pour subvenir aux besoins de tous.
