Le groupe liégeois FN Browning a été sélectionné pour reconstruire une filière de munitions de petit calibre en France. Au total, c’est 75 millions de munitions par an qui seraient produites pour l’armée française pour des fusils d’assaut, des mitrailleuses ou des fusils de précision.
Ce contrat est un symptôme supplémentaire de la préparation des États aux futurs conflits militaires. Il y a encore quelques années, la bourgeoisie estimait que la production locale de munitions n’était pas nécessaire : le marché mondial en produisait suffisamment. Mais depuis quatre ans, la situation a changé. La crise du capitalisme s’aggrave, et les tensions militaires entre pays avec elle.
Avec ce type de contrat, la bourgeoisie en profite pour sortir les violons du nationalisme : l’Europe, la France, la Belgique doivent devenir « autonomes » dans leur production militaire, et relocaliser les usines sur “nos” territoires. Et en plus les responsables politiques prétendent qu’il faudrait se réjouir car ce genre de contrat serait une opportunité pour la Région wallonne et contribuerait à la sortir de son marasme !
Les grandes fortunes de Wallonie vont bien… et l’unique actionnaire de FN Browning, la Région wallonne, les soutiendra encore. Mais les profits que le groupe fera à l’avenir n’amélioreront en rien la situation des travailleurs en Belgique.
On le voit déjà aujourd’hui ! A quoi sert réellement le budget de l’État ? En 2025, les budgets pour l’armement ont presque doublé par rapport à 2024. Et dans le même temps, le gouvernement s’attaque à tous les services utiles à la population : hôpitaux, pompiers, enseignement…
Quant aux travailleurs de ces futures usines en France dans la Drôme, ils n’ont pas d’autre choix que de trouver un emploi pour vivre, quel que soit le secteur.
La seule vraie perspective pour les travailleurs, c’est de prendre en main toute l’économie, y compris ces usines, de les contrôler et de les faire tourner dans leurs propres intérêts.
