Le gouvernement fédéral profite de l’été pour tenter de faire passer des reculs sociaux parmi les plus brutaux depuis des décennies.
La « loi-programme » vient d’être votée. Dès 2026, le droit au chômage sera limité à deux ans. Des centaines de milliers de travailleurs en seront exclus. Certains basculeront au CPAS, les autres, comme de nombreux cohabitants, n’auront plus aucun revenu. Quant à ceux qui toucheront encore une allocation, elle baissera encore plus rapidement. Le gouvernement veut obliger les allocataires du chômage à accepter les pires emplois, même quand le salaire est 10 % plus bas que l’allocation !
Ce n’est pas tout. Alors que les cadences accélèrent et que les accidents du travail se multiplient, le gouvernement supprime les RCC et restreint fortement les emplois de fin de carrière. Presque tous les travailleurs devront s’épuiser au travail jusqu’à 67 ans. S’ils partent plus tôt ? De Wever veut amputer leur pension de 2 à 5 % par an. En clair : travailler, même quand on n’en peut plus, ou finir dans la misère.
Allocations sabrées, pensions amputées, mais aussi salaires bloqués, primes de nuit réduites, indexation retardée, préavis raccourcis, migrants traqués… Chaque mesure aggrave l’exploitation et renforce la concurrence entre travailleurs.
C’est le programme du patronat, appliqué à la lettre. Pour accroître et préserver leurs profits malgré la crise, les capitalistes font pression à la baisse sur les salaires. Simultanément, ils exigent des gouvernements qu’ils rabotent les budgets des services utiles à la population : écoles, hôpitaux, etc.
Pendant que ces services sont saignés, le budget de l’armée continue d’exploser. D’ici 2035, le gouvernement prévoit d’y consacrer 136 milliards d’euros. Frégates, avions F-35, munitions, véhicules blindés, recrutement de 10.000 militaires : la Belgique se réarme à marche forcée, avec le soutien de tous les partis de gouvernement.
Et ce n’est qu’un début. L’OTAN exige une augmentation des budgets militaires jusqu’à atteindre 5 % du PIB ! Ce sont des milliards en plus pour l’armée !
Les guerres ne sont pas menées pour les intérêts des populations mais pour les profits des capitalistes : accès aux marchés, contrôle des ressources et des voies commerciales. Comme en Ukraine, où les États membres de l’OTAN soutiennent et arment le gouvernement de Zelenski pour affaiblir la Russie et mettre la main sur les terres et les ressources minières du pays.
Pour mener les guerres, le matériel ne suffit pas : les gouvernements ont besoin de soldats qui occupent le terrain ou meurent sur les champs de bataille. Déjà, politiciens et médias nous abreuvent de propagande nationaliste et militariste, pour tenter de nous embrigader dans leurs guerres. Theo Francken déclare : « Il faut s’alarmer de la menace [russe]» alors que les troupes russes n’ont même pas pu atteindre Kiev…
Aujourd’hui la Russie est visée, demain ce sera la Chine ou un autre pays… Pour les politiciens comme Francken il s’agit aujourd’hui de préparer la population au sacrifice et de justifier l’explosion du budget militaire.
Mais pour les travailleurs le véritable danger ne vient pas de Moscou. Il est ici, dans notre propre pays. Ce sont les capitalistes et le gouvernement belges qui démolissent les salaires, les pensions, les soins de santé, l’enseignement. C’est contre leur offensive à eux qu’il faut se préparer à se défendre.
Face aux attaques du gouvernement et à la marche à la guerre, les directions syndicales n’organisent pas de résistance à la hauteur des enjeux.
Elles ont espacé les mobilisations de mois en mois, et divisé les luttes par secteur. Ce faisant, elles aggravent la démoralisation.
En fait, les directions syndicales ne cherchent pas à construire un vrai rapport de force contre les capitalistes. Elles soutiennent le PS et Vooruit et prétendent que la solution viendra d’un « bon » gouvernement avec les socialistes. Mais c’est une illusion ! Chaque fois que le PS ou ses alliés sont au pouvoir, ils trahissent leurs promesses et mettent en œuvre les mesures qu’ils dénonçaient dans l’opposition. Le gouvernement Di Rupo a ainsi préparé le terrain à l’actuelle réforme du chômage en excluant des dizaines de milliers de chômeurs !
Et pour masquer la responsabilité des capitalistes, le PS accuse le gouvernement fédéral d’être « pro-flamand » et de léser les francophones. C’est un mensonge ! Ce gouvernement ne défend ni les travailleurs flamands, ni les travailleurs francophones : il défend les capitalistes flamands et francophones.
Face à cette offensive généralisée contre leurs conditions de vie et la marche à la guerre, seule une lutte d’ensemble des travailleurs peut faire reculer les capitalistes et les gouvernements à leur service. Pour en finir définitivement avec l’exploitation et les guerres, les travailleurs n’auront d’autre choix que de prendre le pouvoir et de diriger toute la société eux-mêmes !
