L’exploitation tue

Six ouvriers ont perdu la vie le 14 juillet dans l’incendie du chantier de rénovation de l’immeuble Oxy, place De Brouckère à Bruxelles. L’enquête est en cours pour établir les causes de cet accident. Mais ce drame est en réalité la partie émergée de l’iceberg.

Chaque année, des travailleurs meurent en exerçant leur métier et rien qu’en 2024, en Belgique, 45 d’entre eux sont décédés sur leur lieu de travail. D’autres en sortent grièvement blessés ou ont leur santé détruite progressivement par les cadences, les gestes répétitifs, les horaires difficiles, les produits toxiques, etc. En 2024, Fedris (l’agence fédérale des risques professionnels), a recensé 83.800 accidents ayant entraîné au moins un jour d’incapacité de travail dans les secteurs public et privé. Parmi eux, 4.900 accidents graves ayant provoqué des incapacités allant de 6 mois à des incapacités permanentes. Sans compter toutes les fois où l’employeur fait pression pour que l’accident ne soit pas déclaré ! Pourtant on nous répète que les accidents du travail diminuent.

Un accident du travail nécessite généralement un événement soudain pour être pris en compte : une chute, un choc, un incendie ou une machine qui mutile. L’ouvrier dont les tendons sont détruits par des milliers de gestes répétés, la travailleuse épuisée par une charge insoutenable ou le salarié qui développe un cancer après des années d’exposition à des produits toxiques ne figurent pas dans les « accidents de travail », et sont rarement reconnus comme « en maladie professionnelle ».

Pourtant, la santé des travailleurs, elle, est bien mise en danger. En 2024, 79 % des travailleurs belges avaient souffert d’au moins un trouble musculosquelettique. La proportion de salariés estimant que leur travail menace leur santé ou leur sécurité est passée de 22,2 % en 2010 à 29,7 % en 2024. Sans compter l’épuisement mental, qui a fait doubler le nombre de burnout entre 2019 et 2024.

Toute cette violence, celle d’un incendie de chantier à Oxy comme celle dans l’usure des corps au travail, provient du système capitaliste ou le grand patronat accentue l’exploitation et néglige la sécurité pour dégager plus de profits.