Pompiers de Bruxelles en lutte

Le 21 juillet, jour de la fête nationale, les pompiers de Bruxelles ont entamé une grève « au finish ». Certains ont refusé de participer au défilé militaire et la grève se poursuit. Leur colère ne date pas d’hier. En dix ans, le nombre de missions a doublé tandis que les effectifs diminuent, avec davantage de départs que d’entrées en service.

Résultat : une charge de travail et des heures supplémentaires en forte hausse, et des services sous tension permanente. Comme l’explique un pompier : « Chaque fois qu’il y a une grosse intervention incendie, les pompiers bruxellois sont obligés de faire intervenir les zones aux alentours. »

Les pompiers ont subi de nombreuses attaques des gouvernements ces dernières années, notamment le passage de l’âge légal de la pension à 67 ans, alors que leur espérance de vie est inférieure de sept ans à la moyenne et que leur équipement pèse entre 20 et 30 kilos.

Au printemps, ils ont découvert le projet de réorganisation présenté par la direction du SIAMU face aux contraintes budgétaires : suppression de véhicules de secours, mutations sans concertation, suppression de deux jours fériés, instauration d’une évaluation annuelle, etc.

La direction envisage aussi de plafonner à quinze fois les augmentations biennales, ce qui réduirait le salaire de fin de carrière et donc la pension… pour ceux qui tiennent jusqu’à 67 ans ! Elle veut enfin ramener les effectifs de garde de 172 à 153 pompiers par jour, avec des zones fortement touchées comme Anderlecht dont la garde serait réduite de 26 à 18 pompiers.

Un gouvernement pyromane

Alors que le changement climatique multiplie canicules, sécheresses et incendies, le gouvernement refuse toujours d’accorder les moyens nécessaires… aux pompiers !

Les pompiers bruxellois avaient déjà fait grève le 31 décembre contre le manque d’effectifs. Ils réclament aujourd’hui davantage de moyens et l’engagement de 200 collègues. Ils dénoncent également les responsables politiques qui ne respectent pas leurs engagements, et une direction qui participe aux coupes budgétaires malgré leurs conséquences catastrophiques.

La grande majorité des pompiers bruxellois a fait grève. Selon les syndicats, moins de 30% des moyens habituels du SIAMU étaient assurés. La direction du SIAMU a ensuite réquisitionné une partie du personnel et fait appel aux zones voisines pour porter la capacité opérationnelle à environ 70%.

Pas de solution durable avancée

Sous pression, le gouvernement bruxellois a proposé 10 millions d’euros et 132 embauches étalées jusqu’en… 2027. Non seulement c’est insuffisant mais le projet reste flou sur le type d’embauches proposées. Il mentionne la création de « cadres ambulanciers », chargés uniquement des ambulances. Non nommés, formés en deux mois au lieu de douze, ils seraient soumis à des horaires de 8 ou 12 heures plutôt qu’au régime actuel des pompiers-ambulanciers. Pour de nombreux pompiers, cette annonce ne répond donc pas à la pénurie et menace au contraire leur statut et leurs conditions de travail.

On ne peut pas assurer la sécurité de près de 12 millions d’habitants en Belgique en épuisant les équipes, en supprimant des véhicules et en demandant aux zones voisines de combler les trous. Le combat des pompiers concerne toute la population. Il fait écho à celui des enseignants, des soignants et des cheminots : tous qualifiés de « héros » pendant le Covid, puis privés de moyens. Face à l’austérité qui frappe les services publics, les pompiers auront besoin, comme les autres travailleurs, d’un mouvement d’ensemble.