Les cheminots sont particulièrement visés par les réformes du gouvernement. Celles-ci prévoient la fin du statut pour les nouveaux embauchés, le recul de l’âge de départ à la pension de 55 à 67 ans pour le personnel roulant, la modification du calcul du montant de la pension (une perte de plusieurs centaines d’euros), la préparation à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, des discussions sur l’extension du service garanti (ce qui signifie la réquisition en cas de grève), sans oublier la réduction du budget de la SNCB de 675 millions d’euros…
A l’annonce de ces attaques, au mois de février, beaucoup de cheminots ont voulu se défendre. Par exemple à Namur, au lendemain de l’annonce du programme du gouvernement, où une grande partie du personnel s’est déclaré en maladie. Ensuite, quelques semaines plus tard, une grève de plusieurs jours appelée par un syndicat minoritaire était massivement suivie par les collègues.
Mais ce n’était qu’un début ! Pour se défendre des réformes du gouvernement, il aurait fallu faire grossir le mouvement, l’unir à travers tous les corps de métiers et puis tous les secteurs ! Il aurait été nécessaire d’élargir le mouvement pour lutter pour les droits des cheminots, mais aussi de tous les travailleurs !
Cependant, les directions syndicales ont fait un choix contraire ! Elles ont tout fait pour éviter d’engager un rapport de force. Elles ont cloisonné chaque grève par secteur et catégorie de travailleurs.
Ensuite, pour donner un débouché à la colère des cheminots, les permanents syndicaux du rail ont organisé une suite de grèves perlées, dispersées (quatre par mois en fonction de la zone de travail), en argumentant que ça permettrait aux travailleurs de « s’économiser » pour mener la lutte « sur le long terme », mais c’était surtout pour éviter que des grèves rapprochées fasse un effet « boule de neige » et disperser la combativité.
Car le « long terme » dont parlaient les permanents n’a en fait signifié que l’arrêt des grèves dès le début des négociations avec le ministre !
De ces négociations est sorti un « pré-accord », celui-ci reprenant exactement les points de la réforme du gouvernement, mais ne contenant aucune revendication des cheminots. Ce pré-accord a été refusé par la grand majorité des affiliés. Mais ça n’a pas empêché le maintien de l’arrêt des grèves ! La conséquence de la politique syndicale a été de casser le mouvement en usant la détermination des travailleurs qui avaient voulu se défendre.
Pour ne pas se laisser arrêter par les limites des directions syndicales, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-même pour organiser et diriger leurs luttes !
