Dans son récent reportage « Sans boulot : tous fraudeurs ? », le journaliste de la chaîne RTL utilise divers interviews de bénéficiaires du CPAS ou du chômage pour faire croire que « de nombreuses personnes sans emploi profitent du système ».
De nombreuses personnes interviewées ont témoigné après coup dans la presse que le journaliste a sorti des phrases de leur contexte pour construire son récit fictif, allant jusqu’à déformer le message des personnes interviewées.
Mais même sans tenir compte de cela, le reportage est aberrant. Le journaliste essaye de faire passer les bénéficiaires d’allocations comme des « privilégiés » en mettant en avant les loyers faibles des logements sociaux, les statuts BIM, etc.
Il présente comme le comble du privilège certaines veuves dont les enfants ont quitté l’appartement familial et qui vivent donc seules, dans des logements sociaux de deux ou trois chambres; ou encore une mère de famille qui accepte des petits boulots à gauche et à droite en noir pour compléter les allocations qu’elle reçoit. C’est ça être privilégié ?
Quand une des interviewées explique qu’elle préférerait ne pas retravailler car « elle a goûté à huit années de tranquillité », c’est bien compréhensible !
Si les conditions de travail des femmes de ménage, des ouvriers dans le bâtiment, des travailleurs de l’Horeca n’étaient pas aussi épuisantes, aussi destructrices pour la santé, aussi contraires à la vie de famille, cette femme réagirait surement autrement !
Quant aux privilégiés, ce ne sont évidemment pas celles et ceux qui vivent dans un logement social ou bénéficient d’allocations du CPAS !
Le journaliste a choisi comme lieu de reportage la rue la plus pauvre de Belgique ? Qu’il aille plutôt faire un tour dans l’Avenue des Chalets à Uccle, où le prix moyen du logement est de 5.688 €/m² ! Il trouvera, là, des châteaux, des parcs et… des tas de véritables fraudeurs privilégiés !
