Les médias ont fait grand bruit d’une étude qui avait soi-disant « permis de débusquer sur les réseaux sociaux près de 100.000 emplois disponibles à Bruxelles, dans le Brabant wallon et dans le Brabant flamand ».
Combien de CDI ? de CDD, d’intérims, de flexi-jobs, de contrats précaires ? Où peut-on se présenter pour bénéficier de cette aubaine d’emploi et signer un contrat dignement payé ?
Ni l’article, ni l’étude n’en disent un seul mot, bien sûr ! Là n’est pas la question. Cette annonce n’est rien de plus qu’une campagne de propagande pour justifier l’exclusion de 190.000 chômeurs par le gouvernement, faire avaler la perte de leurs droits à 100.000 malades de longue durée et préparer les prochaines coupes dans les indemnités, en prétendant que le pays regorge d’opportunités de se faire embaucher.
Rien n’est moins vrai dans la période actuelle. Chaque mois, chaque semaine, des grands groupes internationaux annoncent des licenciements massifs dans le monde, qui s’ajoutent à la fermeture silencieuse de dizaines de milliers de petites et moyennes entreprises.
Fin novembre, la banque ABN Amro basée aux Pays-Bas annonçait supprimer 5.200 emplois. C’est 1.500 dans la chimie pour le groupe Wacker, basé en Allemagne.
HP Informatique prévoit quant à lui entre 4.000 et 6.000 licenciements d’ici 2028. C’est moins que Microsoft, qui a déjà licencié plus de 15.000 travailleurs en 2025, surtout dans le secteur du jeu vidéo (secteur où, toutes entreprises confondues, 14.000 emplois disparaissaient déjà en 2024).
Si on remonte à fin octobre, Amazon confirmait la suppression de 14.000 postes dans le monde, en précisant « pour commencer », juste après l’annonce du géant agroalimentaire Nestlé, de 16.000 licenciements.
Si on ne regarde que la Belgique, on n’est pas moins choqué. Rien qu’au premier semestre de l’année, 5.200 travailleurs ont été touchés par un licenciement collectif.
En 2024, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi. Tout le monde connaît autour de lui un ou plusieurs proches qui a perdu son job ces dernières années. Les exemples sont innombrables.
Cette campagne mensongère sur les emplois disponibles s’inscrit en fait dans la lignée des vagues de licenciements. L’une comme l’autre visent à augmenter la pression, la concurrence, les divisions sur tous les travailleurs, et particulièrement la division entre travailleurs avec et sans travail.
