Des infirmières, des infirmiers et des médecins de l’hôpital Saint Pierre à Bruxelles ont adressé une lettre ouverte « à ceux qui ont le pouvoir et le devoir d’agir » un mois après l’agression de deux de leurs collègues aux urgences le 19 juin. 3.000 signataires ont rejoint leur appel.
Ils dénoncent la violence à laquelle ils sont confrontés comme « le symptôme d’un système hospitalier à bout de souffle. Sous-effectif chronique, services saturés, violences verbales et physiques, insécurité, manque criant de moyens, absence de soutien réel : tous ces maux nous empêchent aujourd’hui de remplir notre mission essentielle dans des conditions dignes, pour nous comme pour nos patients. »
Ils demandent aux responsables politiques de les protéger ainsi que : « un financement à la hauteur de l’enjeu : moderniser les urgences et leurs infrastructures, mais surtout renforcer significativement notre dispositif avec une présence permanente et, en priorité, d’agents de sécurité, pour que nous puissions enfin exercer notre métier sans craindre pour nos vies. »
En réalité, les agents de sécurité ne résoudront pas le problème à long terme. Ce qu’il faut, c’est davantage de personnel médical et des soins financièrement accessibles.
Ils poursuivent : « Au-delà de ce drame, notre combat porte sur l’avenir même du milieu hospitalier. Nous demandons également un accès réel et égalitaire aux soins pour toutes et tous, sans distinction de moyens financiers, de statut administratif ou de situation sociale. L’hôpital public ne doit jamais devenir un refuge de seconde zone pour les oubliés du système. (…)
Enfin, nous exigeons des revalorisations salariales et statutaires à la hauteur de nos responsabilités. Notre engagement est profond, mais il exige un soutien réel, pas un silence complice. »
Manque d’effectifs, sous- financement, face à un public de plus en plus précarisé et en détresse psychologique… les hospitaliers ont raison de demander plus de moyens ! Et ils pourraient être rejoints par le personnel des écoles, des transports, des administrations, des CPAS… tant les problèmes sont similaires partout. Non seulement pour dénoncer, mais pour se préparer à un rapport de forces avec le pouvoir. C’est à cette condition qu’ils auraient une chance d’obtenir les moyens nécessaires. Car les responsables politiques auxquels ils s’adressent sont au service de la bourgeoisie et pas de la population. Et comme ils le disent eux-mêmes dans leur lettre, cela fait dix ans qu’on ne les entend pas, et ça continuera comme ça ! Seule une remontée puissante des luttes pourra prendre l’argent là où il est, dans les coffres forts des capitalistes !
