Au Soudan, le groupe armé des Forces de Soutien Rapide (FSR) a repris la ville d’El Fasher, dans la région du Darfour, après un siège de 18 mois. Il s’y livre à des massacres.
Selon l’OMS, 450 occupants du dernier hôpital de la ville ont été froidement assassinés. Des images satellites montrent déjà de nombreux charniers dans la ville.
Des habitants de villages pris par les FSR racontent que les hommes et les femmes sont séparés : les hommes de plus de dix ans sont exécutés, tandis que les femmes sont systématiquement violées. Lorsque les FSR avaient pris la ville de Geneina fin 2023, ils avaient assassiné 15.000 habitants.
Le conflit entre l’armée officielle et les FSR, qui a repris en 2023, a déjà fait 400.000 morts. Environ 12 millions de Soudanais ont dû fuir leur foyer en raison des massacres commis par les deux camps, mais aussi de la famine, qui touche aujourd’hui 20 millions de personnes, près de la moitié de la population.
Derrière les bandes armées, l’impérialisme
La guerre et la dictature marquent presque sans interruption l’histoire du Soudan depuis son indépendance en 1956.
Avant cela, les colonisateurs britanniques ont exploité le pays et instrumentalisé les divisions religieuses pour asseoir leur domination, en s’appuyant sur les habitants du nord du Soudan, majoritairement musulmans, contre ceux du sud, souvent non musulmans.
Aujourd’hui, les deux camps sont soutenus et armés par des puissances régionales. Les Émirats arabes unis appuient les FSR, tandis que l’Égypte, la Turquie, la Russie et l’Iran soutiennent l’armée soudanaise, en échange notamment de l’or du pays.
Mais derrière ces puissances régionales se profilent les intérêts des grandes puissances impérialistes, qui laissent les seconds couteaux agir à leur place au Soudan.
Par exemple, les multinationales Total et BNP Paribas ont longtemps continué à financer le dictateur soudanais Omar el-Béchir pour mieux exploiter le pétrole et les autres ressources du pays.
La population soudanaise s’est déjà soulevée à plusieurs reprises contre la dictature et la misère. Entre 2019 et 2022, de nombreux jeunes hommes et femmes s’étaient révoltés et organisés contre le dictateur el-Béchir, le contraignant à démissionner.
Pour en finir durablement avec la misère et les guerres, il faudra se débarrasser non seulement des dictateurs, mais de tout le système capitaliste qui entraîne toute l’humanité dans la barbarie.
