Plus-values : les grandes fortunes se portent bien

Début avril, le parlement a voté la loi sur la « taxe des plus-values ». Cette taxe avait servi de faire-valoir à Vooruit au milieu du programme ouvertement pro patronal du gouvernement Arizona. Finalement, elle est adoptée avec retard et sans surprise, elle correspond parfaitement à son véritable objectif : un écran de fumée.

La mesure est censée taxer à 10 % les gains réalisés lors de la revente d’actions et autres titres financiers. Mais de nombreuses exceptions, comme la durée de détention ou le fait de posséder au moins 10 % d’une entreprise ou 2,5 millions d’euros, permettent aux sociétés de contourner largement la mesure. En pratique, les seuls réellement touchés sont des petits patrons indépendants, des employés qui gagnent un salaire suffisamment élevé pour « boursicoter », et des… ASBL.

Le gouvernement disait espérer en tirer 236 millions d’euros en 2026. Mais de nouveaux calculs ont montré que même ce montant modeste ne sera pas atteint. Dans le même temps, la Belgique consacre déjà environ 2 % du PIB à la « défense », soit plus de 14 milliards par an, et prévoit encore d’augmenter ce montant pour atteindre 5% du PIB.

Le gouvernement applique son programme : défendre les intérêts de la grande bourgeoisie par des cadeaux et des commandes militaires. Quant à faire payer un peu les petits bourgeois, cela ne les dérange pas plus que d’exploiter les ouvriers.