Selon un rapport d’Agoria édité en mars 2025, environ 900 entreprises en Belgique sont actives dans l’industrie de l’armement, pour un chiffre d’affaires total de 5 milliards d’euros. Parmi elles, une très grande majorité de sous-traitants et de PME, et puis des grandes entreprises liées à des multinationales.
Ces dernières vont d’ailleurs être mises en lumière en mars prochain. Un « salon de la Défense » est prévu à Bruxelles pour célébrer le « savoir-faire belge » en matière d’engins de mort et destruction.
En vitrine de cette opération de propagande nationaliste, le groupe FN Browning ; Thales Belgium, filiale du groupe Thales au bénéfice de 1,4 milliard en 2024 ; Safran Aero Boosters pour l’aéronautique, filiale du géant Safran qui a versé 1,23 milliards de dividendes à ses actionnaires en 2024 ; KNDS qui vient d’inaugurer une nouvelle ligne de production d’obus à Seneffe et prévoit de tripler son chiffre d’affaires en quatre ans ; Mol Cy, usine de production de blindés en Flandre ; John Cockerill et ses tourelles-canons…
Les dirigeants et actionnaires de toutes ces entreprises ont des dollars dans les yeux quand ils pensent à l’avenir. Ils savent que la guerre économique et commerciale, engendrée par la course au profit et la concurrence capitaliste poussent vers le réarmement de chaque État, dégainant les bons de commande. Cette situation, déjà dramatique pour de nombreux peuples à travers le monde, est à leurs yeux une opportunité rêvée de faire du profit !
Pour les capitalistes, la guerre est un business parmi d’autres.
Pour les travailleurs, les profits sur la guerre c’est comme les profits sur les malades, c’est scandaleux et révoltant ! Cela conduit à une logique où les profits des capitalistes sont directement liés au nombre de malades ou de conflits.
Et quand les profits sur les commandes militaires explosent, ce ne sont certainement pas les travailleurs, y compris du secteur de l’armement, qui en profitent : leurs salaires ne suivent pas, leurs conditions de travail ne s’améliorent pas, et ils doivent faire face aux restructurations permanentes de ces groupes au rythme des conflits mondiaux.
D’ailleurs, c’est impossible de délimiter franchement où commence et s’arrête l’industrie de guerre. En Ukraine ou en Russie, les cheminots déplacent chars, munitions, troupes vers le front. Des chemises et des bottes, produites de l’exploitation ouvrière dans les usines textiles, équipent les soldats. Même la production et la répartition de la nourriture finissent soumises aux « nécessités de la guerre », en plus de la course au profit.
La question centrale est à chaque fois celle de la classe sociale au pouvoir.
La croissance de l’industrie de l’armement découle de la concurrence capitaliste pour les profits capitalistes. Elle génère des profits faramineux. Ici, ses payeurs sont fiables, ce sont les États. Et en plus, elle compte justement sur les armées pour assurer sa domination et sa propriété.
Mais les travailleurs ont des intérêts radicalement opposés à ceux de la bourgeoisie. Exploités dans les usines d’armement, comme dans la production de vêtements ou la logistique, morts sur le front ou dans leur immeuble bombardé par l’aviation… Aucun travailleur, chômeur, retraité ne porte la responsabilité du chaos engendré par le pouvoir de la classe capitaliste et son système pourrissant. Tous partagent en revanche la capacité et la responsabilité d’y mettre fin.
Dans le passé, c’est en utilisant les armes dans leurs propres intérêts que les travailleurs ont forcé la fin de la première guerre mondiale, faisant un pas vers la révolution ouvrière.
