Mercredi 19 Août, la direction d’Alysse Food (pâtisserie industrielle) a annoncé licencier les 108 travailleurs de l’usine de Seneffe et cesser toutes ses activités fin octobre.
Les travailleurs jetés au chômage sont plongés dans la colère et l’angoisse : « nos enfants, nos vies, nos maisons, nos voitures… qui va payer ? », « il y a des gens qui travaillent ici depuis vingt ans, (…) il y a des personnes de 55 ans qui se demandent si elles vont retrouver quelque chose » dénonce une jeune déléguée syndicale interviewée par Sud Presse.
La décision de la direction est brutale. Elle rompt les promesses faites il y a un an lors de la dernière restructuration, qui s’avère aujourd’hui avoir été la première étape de l’actuelle fermeture définitive.
A l’époque, après trois semaines de grève, la direction d’Alysse Food et les dirigeants syndicaux s’accordaient sur le licenciement de la moitié des 209 travailleurs. Les permanents syndicaux assuraient alors aux travailleurs qui gardaient leur emploi qu’Alysse Food avait « la volonté de continuer ses activités_». Olivier Buyse, Secrétaire permanent CSC Alimentation et Services, jugeait même que « vu les circonstances, (…) c’est un bon accord ».
Mais les patrons mentent et leurs promesses ne valent rien !
Les dirigeants syndicaux le savent parfaitement. Et le crédit qu’ils avaient alors, qu’ils ont donné à l’accord passé avec Alysse Food, a désarmé les travailleurs. Cela rend la situation actuelle encore plus difficile !
La jeune déléguée raconte qu’elle et ses collègues « ont cru à ce qu’on leur avait promis », « on pensait qu’il y aurait un rachat » mais maintenant « on se sent quand même trahis (…) on a l’impression [que la direction] a joué avec nous, avec notre santé mentale, avec nos nerfs ».
Cette travailleuse ne se trompe pas. C’est effectivement ce qui s’est passé.
Pour licencier, restructurer et fermer les usines, les capitalistes font appel à des manipulateurs professionnels.
L’actuel PDG d’Alysse Food, Felix de Goulaine, en est une preuve vivante : il se vante même sur son CV d’avoir dirigé avec succès la restructuration d’il y a un an !
Face à ces requins à la solde des capitalistes, les travailleurs ont besoin de militants et d’organisations qui les renforcent et les aident à dévoiler les mensonges du patronat ! C’est-à-dire qui font l’inverse de ce que fait actuellement Giovanni Buscemi, permanent SETCa, qui déclare à propos des licenciements et de la fermeture de l’entreprise : « [les dirigeants d’Alysse Food] auraient pu déclarer une faillite. (…) Ici, ils veulent encore faire l’investissement nécessaire pour payer ce qu’ils doivent aux travailleurs, avec leurs préavis », « pour moi, ils prennent une décision en bon père de famille ».
Une décision en bon père de famille ? Alysse Food aurait pu se déclarer en faillite ? Mais de qui se moque-t-on ?!
Alysse Food est depuis 2020 une filiale du groupe Roullier qui déclare un chiffre d’affaires annuel de près de trois milliards d’euros !
L’actuelle PDG du groupe, Roxanne Roullier, a hérité avec ses sœurs et leurs enfants, des actions du groupe fondé par leur père et grand-père, Daniel Roullier ! D’après les chiffres du magazine Capital, la fortune de la famille dépasserait le trois milliards d’euros. En 2022, elle était la 36e famille la plus riche de France !
Voilà par quel « bon père de famille » les travailleurs d’Alysse Food se font virer ! La famille Roullier n’a jamais fait de cadeau aux travailleurs ! Toute sa fortune s’est construite sur l’exploitation du travail d’ouvriers et d’ouvrières à travers le monde ! Elle a les moyens de maintenir les salaires des travailleurs de Seneffe !
