Editorial des bulletins d’entreprises du 29 mars
« Quatre semaines ou moins » annonçait Trump au déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Un mois plus tard, ce sont plus de 4.500 morts sous les bombes dans plus de 12 pays, des millions de déplacés en Iran et au Liban, des familles qui ont tout perdu.
C’est une guerre de plus qui s’ajoute à celles du Soudan, Gaza, Congo, Ukraine et qui enfonce la planète dans une spirale dont personne ne maîtrise ni les conséquences ni la fin. Le 22 mars, ultimatum de Trump de 48h à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Le lendemain, pause et « négociations » démenties dans l’heure par l’Iran. Pause de cinq jours des frappes sur les infrastructures énergétiques, avant de bombarder deux installations gazières le lendemain ! Puis la « pause » est prolongée jusqu’au 6 avril, mais 10.000 soldats supplémentaires sont envoyés dans la région, portant les forces américaines à leur plus haut niveau depuis la guerre d’Irak en 2003 !
Ces allers-retours ne sont pas seulement la méthode « Trump ». C’est le symptôme d’un conflit dans lequel les dirigeants américains s’enlisent, comme autrefois en Afghanistan et au Vietnam. Coincés entre les intérêts de leurs alliés israéliens d’extrême droite et ceux des milliardaires du Golfe, entre les marchés financiers qui s’affolent et les vendeurs d’armes qui prospèrent. C’est la contradiction entre le développement du capitalisme au niveau mondial et la volonté pour les capitalistes des États-Unis de rester à la tête de l’économie face à la Chine.
Que nous le voulions ou non, nous sommes, en Belgique, comme tous les peuples de la planète, embarqués dans une 3ème guerre impérialiste mondiale. Et si nous ne sommes pas encore sous les bombes, nous en payons déjà la facture.
Le blocage du détroit d’Ormuz a servi de prétexte à tous les spéculateurs pour faire exploser les prix de l’énergie. Y compris aux USA pourtant exportateurs de pétrole ou en Belgique dont seuls 4% du pétrole importé transitent par le détroit d’Ormuz. Derrière suivent les engrais, les produits agricoles, l’industrie chimique, dont les prix vont augmenter. En Inde, le gaz est rationné pour les particuliers. En Birmanie, les voitures ne circulent qu’un jour sur deux. Au Vietnam et au Bangladesh des usines tournent maintenant au ralenti. Quelles nouvelles tensions naîtront de ce nouveau désordre ?
Certains dirigeants européens déclarent que « ce n’est pas notre guerre ». Ils mentent. Les faits parlent d’eux-mêmes : le Royaume-Uni et la France ont envoyé avions et navires de guerre, le chef de la marine belge affirme que : « nous pourrions jouer un rôle dans la lutte antimines ». Et ces mêmes dirigeants nous préparent depuis des mois aux sacrifices : augmenter les budgets militaires, accepter l’austérité… et demain envoyer nos enfants sur les champs de bataille.
Quant à Bouchez, toujours à se faire mousser, il affirme au contraire que « ceux qui pensent que ce n’est pas notre guerre se trompent ». Il voudrait faire croire que les travailleurs ici auraient intérêt à se ranger du côté des dirigeants des États-Unis et d’Israël pour combattre l’Iran et demain la Chine. Mais c’est faux. Il y a d’un côté les dirigeants qui acceptent de sacrifier les vies des autres pour défendre leurs intérêts, et de l’autre, les travailleurs, ici et partout sur la planète, qui en paient la note.
Qu’ils se déclarent pro ou anti Trump, tous les dirigeants sont d’accord quand il s’agit de faire payer les travailleurs. En Belgique, le gouvernement De Wever veut imposer cinq milliards d’euros supplémentaires de coupes budgétaires, pour « assainir les finances », alors même que les prévisions budgétaires sont déjà toutes obsolètes du fait du déclenchement de la guerre.
En fait, à une échelle plus petite, les dirigeants en Belgique ressemblent tout autant à des poules sans têtes que les dirigeants américains ! Ils sont coincés entre les pressions des marchés financiers et celles des capitalistes de l’armement, entre leur volonté de se montrer de bons serviteurs des intérêts patronaux tout en gardant leur base électorale.
Ils sont incapables de se mettre d’accord, comme le montre le report du vote sur la réforme des pensions ou celui sur le plafonnement de l’index et l’augmentation des accises… tout en préparant de nouvelles attaques. Ces contradictions nourrissent à leur tour les crises politiques de demain et offrent un boulevard à l’extrême droite et à de nouvelles attaques contre tous les travailleurs.
Alors une chose est sûre : aucun travailleur n’a intérêt à se solidariser avec les dirigeants impérialistes occidentaux. Nous avons une seule guerre à mener, c’est celle contre cette classe capitaliste et ses serviteurs politiques, celle pour redonner une perspective aux travailleurs, celle du renversement du capitalisme.
