Chômage : non à la précarité organisée !

La réforme du chômage frappe déjà des milliers de ménages. Au 1er janvier, 18.700 personnes ont été exclues. Et ce n’est qu’un début : des vagues bien plus importantes sont prévues pour mars, avril et juillet. En s’attaquant aux chômeurs, le patronat cherche à faire pression sur les salaires de tous les travailleurs.

Afflux vers les CPAS

Selon les premières données des CPAS, ce n’est pas un tiers mais entre 40 et 50 % des chômeurs exclus qui demandent un RIS (revenu d’intégration sociale). Dans certaines villes, la proportion est encore plus élevée. À Charleroi, 1.260 personnes sont concernées par la première vague d’exclusions et le CPAS a déjà enregistré plus de 1.000 demandes de rendez-vous en janvier.

Manque de moyens, contrôles accrus

Le gouvernement De Wever a délibérément minimisé les conséquences des exclusions afin de limiter le financement des CPAS.

Mais même sur la base de son hypothèse de 33 % de chômeurs se présentant au CPAS, les moyens prévus par le fédéral sont largement insuffisants.

La Fédération des CPAS wallons estime par exemple à 1.500 le nombre de personnes à recruter pour faire face aux vagues successives d’exclusions. Or la compensation fédérale ne permettrait l’engagement que de 600 à 800 équivalents temps plein.

Les premières semaines de 2026 sont donc très tendues pour les travailleurs des CPAS, dont les conditions de travail se dégradent pourtant depuis plusieurs années.

Comme le dénonce une stagiaire assistante sociale, choquée par l’écart entre la réalité du terrain et les valeurs transmises durant sa formation, les contrôles se multiplient : visites domiciliaires, vérification des comptes bancaires, des applications et même des réseaux sociaux de ceux qui dépendent du RIS.

Les plus précaires sont surveillés pour la moindre dépense, tandis que les grands groupes qui licencient, exploitent et organisent l’évasion fiscale en recevant des milliards d’argent public ne sont pratiquement jamais inspectés.

Quels emplois disponibles ?

Tout est fait pour pousser les chômeurs à accepter n’importe quel emploi, dans n’importe quelles conditions, afin de faire pression sur l’ensemble des travailleurs. Pourtant, beaucoup de chômeurs ne trouvent pas d’emploi malgré leurs efforts.

La réalité est simple : les emplois manquent. Il y aurait environ 530.000 demandeurs d’emploi pour à peine 160.000 postes vacants. Comment se faire embaucher à 55 ans, souvent cassé par le travail, alors qu’il y a des travail­leurs plus jeunes qui peuvent être engagés à des salaires plus faibles ?

De plus, une grande partie des emplois disponibles se situe en Flandre, tandis qu’une majorité des demandeurs d’emploi vivent en Wallonie.

Cette situation résulte pourtant des choix des riches familles de la bourgeoisie belge de délaisser l’industrie lourde après la seconde guerre mondiale, et de préférer les environs du port d’Anvers !

Quant au ministre Clarinval, il affirme qu’il existerait 375.000 offres d’emploi… en additionnant celles publiées par l’ONEM sur quatre trimestres ! Une offre publiée en janvier et toujours vacante en décembre est ainsi comptabilisée quatre fois. « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose », voila la méthode des politiciens !

Quant aux enquêtes sur les « perspectives d’embauche », elles reposent toutes sur de simples intentions de patrons. Mais même comme ça, le Bureau du Plan n’anticipe que 175.000 créations nettes d’emplois entre 2026 et 2029 pour l’ensemble du pays…

Les vrais assistés sont les capitalistes !

Ce système ne tourne pas rond : d’un côté, le grand patronat crée le chômage et reçoit des cadeaux du gouvernement alors que de l’autre, les chômeurs sont contrôlés en permanence et exclus au moindre faux pas.

Et ce n’est pas un autre gouvernement qui changerait la situation. Aux Pays-Bas, la droite et l’extrême droite viennent de limiter à un an les allocations de chômage. Au Royaume-Uni, il n’existe pratiquement plus d’aide au chômeurs digne de ce nom : le gouvernement de gauche de Starmer poursuit les politiques de contrôle et de sanctions de ses prédécesseurs.

Partout en Europe, les mêmes recettes sont appliquées : réduire les droits, mettre les chômeurs sous pression et tirer l’ensemble des salaires vers le bas. C’est ensemble qu’il faudra se défendre !