Ce ne sont pas nos guerres !

Faut-il « accepter de perdre ses enfants » dans les guerres ? Non ! C’est pourtant ce qu’affirme le général Mandon, chef d’État-major des Armées français, dans une intervention propagée sur les réseaux sociaux.

La même question est posée par le gouvernement belge dans la lettre aux jeunes de 17 ans pour les appâter vers un service militaire. Le ministre de la Défense, Francken (N-VA), peut bien leur faire miroiter un salaire et quelques autres promesses, ce qu’il exige ce sont des réservistes susceptibles d’être mobilisés pour se battre et mourir !

Les tambours de la propagande de guerre résonnent de plus en plus fort. Les États de l’OTAN cherchent à embrigader leurs populations et les préparer à accepter tous les sacrifices.

Début novembre, c’était les drones prétendument « russes » qui défrayaient la chronique pour mieux convaincre d’une prétendue menace. Pourtant selon Skeyes, entreprise publique chargée du contrôle aérien, les incursions de drones, russes ou non, n’ont rien de nouveau, il y en a des dizaines de milliers par an. La prétendue « menace » relayée par les médias n’est que de la propagande ! Quelle sera la prochaine histoire qui sera propagée pour répandre la peur, le nationalisme et le militarisme ?!

Il n’y a aucune confiance à accorder aux politiciens et aux généraux, pas plus qu’à la plupart des médias. Ils ne servent pas les intérêts de la population, mais les intérêts de la bourgeoisie, et pour elle, seul le profit compte.

La bourgeoisie, les millionnaires et les milliardaires représentent la menace principale. Ce sont eux qui exigent le sacrifice des enfants des travailleurs sur l’autel des guerres capitalistes, et exigent aussi des parents d’accepter sans broncher la hausse des prix, les licenciements et les mesures d’austérité.

Le général français lui-même l’avoue, il faudra continuer à « souffrir économiquement parce que les priorités iront à la production de défense ». Mais ces sacrifices ne sont pas dans notre intérêt, les travailleurs n’ont pas à les accepter !

La guerre a en réalité déjà commencé et c’est une guerre sociale. Les capitalistes et les gouvernements de l’OTAN la mènent contre les travailleurs de tous les pays, y compris les leurs ! Les mesures d’austérité et la montée du militarisme sont les deux faces d’une même politique qui vise à maintenir la hausse des profits capitalistes malgré la crise.

C’est pour cela que dans tous les pays de plus en plus de travailleurs s’appauvrissent, peinent à finir le mois, d’autant plus que le chômage pèse.

C’est encore pour cela qu’en France, en Belgique, au Royaume-Unis, en Allemagne, aux USA et dans bien d’autre pays, les travailleurs voient encore des milliards être déversés dans les poches des actionnaires du secteur de l’armement, alors que les coupes budgétaires se multiplient dans les services sociaux !

C’est encore pour cela que des usines et des entreprises qui font pourtant du profit, mais pas assez aux yeux des actionnaires, licencient et ferment, comme récemment BASF à Anvers ou l’usine Mars à Olen.

Les capitalistes utilisent leur pouvoir sur l’économie et l’État pour imposer leurs intérêts à toute la population. C’est contre cela qu’il faut se défendre ! Défendre les emplois, les salaires, les pensions, les conditions de travail… mais au bout du compte, il faut aussi viser le renversement du capitalisme. Car seule la prise de pouvoir par les travailleurs permettra de défendre l’avenir des enfants et leur évitera les guerres qui se préparent.

Les trois jours de grèves appelés par les directions syndicales n’ont pas été suffisants pour faire reculer les gouvernements et le patronat. Nous étions nombreux à être conscients que ce serait insuffisant. Ils ne reculeront que devant une véritable révolte de la classe ouvrière. Une lutte qui regroupe les travailleurs du privé et du public, dans de larges secteurs et qui en s’agrandissant menacera le pouvoir des capitalistes et les forcera à faire des concessions.

Et quand les travailleurs auront cette force, il ne faudra pas qu’ils s’arrêtent ! Il faudra aller jusqu’à exproprier les capitalistes et prendre le pouvoir.

Faire tomber le gouvernement et espérer que le PS revienne aux affaires ? Cela n’a rien à voir avec les travailleurs au pouvoir. C’est refaire confiance à des ministres comme Di Rupo qui dit lui-même qu’il a imposé des mesures d’austérité entre 2011 et 2014… avec le soutien des directions syndicales !

Voilà des années que dirigeants syndicaux et politiques de gauche défendent les intérêts de la bourgeoisie et pas ceux des travailleurs. Leur seule perspective est de négocier une dégradation « moins pire ». Mais de « moins pire » en « moins pire », où arrivons-nous ? A plus de difficultés, plus de misère !

Nous n’arriverons à éviter le pire qu’en renversant le capitalisme ! Et cela, seule la classe ouvrière peut le faire !