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L’enrichissement personnel au détriment de la collectivité, c’est la nature du capitalisme

La presse vient de révéler que les ex-managers de Nethys ont empoché quelques 18,5 millions d’euros, dont 11,5 millions rien que pour Stéphane Moreau.

Une caissière de supermarché est virée pour faute grave, sans indemnité aucune, si elle a le malheur de prendre un euro dans la caisse. Mais ici, les trois managers se partagent l’équivalent de 444 fois le  salaire annuel médian (41.858 euros brut) !

C’est déjà choquant, mais on mesure vraiment l’avidité et le cynisme de ces « dirigeants », quand on apprend que ces sommes leur ont été versées pour « compenser » le fait qu’ils avaient dû accepter une baisse de leurs salaires ! Donc, au moment même où le monde politique wallon faisait son numéro d’amende honorable, les bouches pleines de « transparence » et de « gouvernance », le conseil d’administration de Nethys se mettait d’accord pour se verser le pactole !

Cependant, on aurait tort de penser que ce genre de fonctionnement serait propre au PS, voire au PS liégeois. Les « parachutes dorés » empochés par des managers, parfois après avoir fermé des entreprises et privé des milliers de travailleurs de leur salaire, sont légion ! Ainsi, le journal des affaires l’Echo estime la rémunération moyenne des CEO des entreprises du Bel 20 à 7 600 €… par jour !

Et ces rémunérations ne sont rien par rapport à ce qu’empochent leurs maîtres, les actionnaires de ces entreprises. Le CEO belge le mieux rémunéré de 2018 est Jean-Christophe Tellier. CEO d’UCB, il a gagné officiellement 5,23 millions d’euros. Pour la même année, l’entreprise a versé plus de 235 millions d’euros aux actionnaires, dont 82 millions à la seule famille Janssen. Le salaire du PDG représente un pourboire de 6% de ce que cette famille bourgeoise a pu pressurer du travail des 8 500 travailleurs (et des sous-traitants) !

Si on n’entend pour ainsi dire jamais parler de cet enrichissement-là, c’est parce que les journalistes tout comme les politiciens acceptent ce vol comme le fonctionnement normal de la société. Le vol organisé des richesses par la classe capitaliste est légal et considéré comme souhaitable ! Quand il réussit bien, c’est pour eux une raison de se réjouir et de louer les « bonnes performances des entreprises belges ». Stéphane Moreau n’a pas tort quand il dit qu’il a été « jugé comme un socialiste, pas comme un CEO ».

Les Stéphane Moreau du PS ont appris ces manières des riches actionnaires et du patronat. Un patronat dont le PS s’est fait le serviteur depuis longtemps ! L’école qui a formé des Moreau et compagnie, ce sont les décennies de gestion de la crise où l’argent public a servi à sauver les profits des barons des mines et de la sidérurgie, pendant qu’ils supprimaient les emplois par dizaines de milliers. Ce sont toutes les privatisations où des biens publics ont été livrés aux actionnaires privés à la recherche d’investissements rentables et sans risque. Des privatisations souvent effectuées sous la responsabilité d’un ministre socialiste : la CGER devenue Fortis, devenue BNP Paribas ; les PTT devenues la Poste devenue BPost et Belgacom devenu Proximus ; la Sabena… et les intercommunales comme celle de la distribution de l’électricité liégeoise. Ce sont des milliards et des milliards qui disparaissent tous les ans dans les coffres forts d’actionnaires privés au lieu de servir l’intérêt collectif!

A leurs origines au 19ème siècle, les partis socialistes ont été les premiers partis que la classe ouvrière s’est donné. Les idées propagées par les militants de ces partis, ce n’était pas la conquête de postes de ministre, c’était la conquête du pouvoir politique et économique sur toute la société par la classe ouvrière. Ils luttaient pour un avenir socialiste, débarrassé du parasitisme de la classe capitaliste, de la concurrence, de la course au profit et de l’exploitation de l’homme par l’homme. Cela fait plus d’un siècle que les partis socialistes ont troqué ce drapeau révolutionnaire contre des postes de ministres, pour devenir un fidèle gestionnaire des affaires de la bourgeoisie dans bien des gouvernements.

Face à la crise profonde du capitalisme, face au discrédit mérité de toute la caste politique à son service, à un moment où le mécontentement éclate dans bien des pays de la planète, il est urgent que renaisse le courant révolutionnaire de la classe ouvrière. Car il faut éradiquer le mal à la racine. Il faut mettre toute la société sur d’autres bases que l’enrichissement personnel de quelques-uns. Il faut renverser le capitalisme. Il faut une société qui produise ce qui est nécessaire, sous la responsabilité de toute la population.

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