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De Trump à Biden, deux styles pour une politique capitaliste

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Trump a donc été renvoyé par le résultat des urnes à son golf et à ses casinos. Pendant quatre ans, il a incarné la politique capitaliste dans ce qu’elle a de plus cupide et de plus brutal. Par sa xénophobie, son racisme, sa démagogie crasse, il a aussi creusé les divisions parmi les travailleurs, entre Blancs et Noirs, entre Américains et migrants. Contre le Covid-19, pour préserver les profits patronaux, il a refusé tout confinement et jusqu’au port du masque et aux gestes barrière. Il a ainsi favorisé la propagation du virus et l’hécatombe qui frappe aujourd’hui, en particulier les plus pauvres. Avec la crise, la condition des ouvriers américains, qu’il prétendait défendre, s’est encore dégradée. Des dizaines de millions de personnes se retrouvent aujourd’hui au chômage et dépendantes de l’aide alimentaire. À l’inverse, les capitalistes ont vu leurs impôts baisser et leurs profits augmenter.

L’élection de Biden a suscité un soulagement chez ceux qui ne supportaient plus Trump, mais cela ne durera pas. D’abord, Trump a recueilli 71 millions de voix, huit millions de plus qu’en 2016. Les milices armées et les groupes d’extrême droite qu’il a encouragés seront toujours là. Ils vont représenter, avec l’aggravation de la crise sociale et économique, un danger pour les Noirs, les migrants et en fin de compte tous les travailleurs.

De ce point de vue-là comme du reste, il n’y a rien à attendre des démocrates et de Biden, que les médias belges et européens nous ont vendu comme le sauveur du monde entier. Biden est dans la politique depuis 1972, il a eu tout le temps pour montrer quelle classe il servait : la bourgeoisie de la première puissance mondiale. Au Sénat pendant 36 ans, vice-président d’Obama pendant huit ans, il fut toujours loyal envers le monde des affaires. De nombreux grands patrons l’ont soutenu financièrement pendant la campagne. Et, Wall Street et les Bourses mondiales ont célébré sa victoire. Biden serait même prêt à prendre des républicains dans son administration. On nous dit que Biden sera moins grossier et moins stupide que Trump, ce qui n’est pas difficile. Mais derrière le vernis, la politique menée par l’administration américaine sera la même, tout entière dédiée aux intérêts des multinationales : les Exxon, Amazon et autres Tesla.

Les États-Unis sont la première puissance mondiale et leur loi s’impose à bien des peuples. Partout, ils ont soutenu les dictatures qui servent leurs intérêts, des rois du pétrole aux colonels sud-américains. Au Moyen-Orient, ils ont toujours appuyé Israël contre les Palestiniens. Quant aux régimes qui refusent leur férule, ils en paient parfois le prix fort, comme Cuba, sous embargo depuis 1962… Et nombreux sont les pays dont le travail est pillé par les multinationales des États-Unis ; c’est le cas de la plupart des pays d’Asie et d’Amérique latine.  

Ce rôle combiné de premier brigand et de gendarme du monde, les États-Unis l’ont assumé quel que soit le parti au pouvoir. C’est une administration démocrate qui engagea le pays dans la terrible guerre du Vietnam. Et plus récemment, Biden approuva les guerres d’Afghanistan et d’Irak.

Non, les choses ne vont pas changer avec un nouveau président. Les élections ne peuvent d’ailleurs pas changer les choses. Nous en savons quelque chose ici. Certes, chaque pays a ses particularités. Mais l’alternance gouvernementale entre des partis pro-capitalistes, nous connaissons. Les faiseurs de promesses et les marchands d’illusions, la démagogie xénophobe et raciste comme dérivatif à la crise sociale : tous ces ingrédients de la politique américaine, nous les connaissons aussi !

Le peuple américain a aussi une histoire de luttes et de combats. Dans les années 1930, la classe ouvrière se mobilisa massivement. Dans les années 1960, le pays fut ébranlé par la révolte des Noirs, qui inspira des luttes dans le monde entier. Plus récemment, après le meurtre de George Floyd, des dizaines de millions de personnes ‑ noirs et blancs ‑ ont manifesté contre le racisme et les violences policières.

Ce qui va compter à l’avenir, ce sont les mobilisations, les luttes du monde du travail, des jeunes, des opprimés. Là-bas comme ici, ce qui va être essentiel, c’est la capacité des travailleurs à mener la lutte contre cette classe capitaliste qui n’en a jamais assez, et qui est prête à tout pour maintenir ses profits.

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