Pécule de vacances des ouvriers : méfiance légitime !

De nombreux travailleurs ont découvert dans la presse début juillet que le ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR), s’en prend désormais au paiement du pécule de vacances des ouvriers.

Le pécule de vacances des ouvriers, contrairement aux employés, n’est pas payé directement par l’employeur mais par l’Office national des vacances annuelles (ONVA), une caisse gérée par les organisations patronales et syndicales et financée dans sa quasi-totalité par les cotisations patronales. Lors du Covid, de nombreux travailleurs ont été mis en chômage pour force majeure. Les jours chômés étaient assimilés à du travail et donnaient droit à des jours de vacances. Mais, selon l’accord du gouvernement, les entreprises ne devaient pas payer de cotisations à l’ONVA. Les cotisations patronales, qui ont un nom trompeur car elles proviennent en réalité des richesses créées par les travailleurs, ont fini en profits supplémentaires pour les actionnaires. Depuis, l’ONVA est bien sûr en déficit.

Si rien n’est supprimé à ce stade, le ministre utilise désormais ce déficit pour remettre en question le financement du pécule de vacances des ouvriers. Les mesures concrètes restent floues mais selon les journalistes, le ministre veut  que les mesures pour réduire le déficit soient conditionnées à « l’engagement pris par les interlocuteurs sociaux de trouver des solutions structurelles pour éviter de nouveaux dérapages à l’avenir. Par exemple en limitant les assimilations donnant droit à un pécule ». Les journées assimilées à du travail sont aujourd’hui : les absences pour maladie et accident, les accidents de travail, le congé de maternité, les repos compensatoires des heures supplémentaires, le chômage économique… Bon prince, le ministre laisse le choix aux syndicats et aux patrons de qui pénaliser : la jeune accouchée, le travailleur en chômage économique, l’accidenté du travail ?

Alors oui, les ouvriers ont raison de se méfier ! Tout comme de nombreux autres droits, le droit aux congés payés peut lui aussi être remis en question. Pour tenter d’éviter une réaction des travailleurs, cela passera sans doute par des attaques progressives et des mesures complexes. Mais c’est comme ça que, petit à petit, le patronat augmente ses profits en grignotant sur les acquis des travailleurs.

Toutes les avancées sociales sont le résultat de décennies de luttes du monde du travail et d’un rapport de force. Mais sous le capitalisme, elles sont constamment remises en question. Aujourd’hui, le patronat s’en prend aux pensions, au chômage, au congé maladie, aux primes de nuit… Demain, il n’aura aucun scrupule à s’en prendre aux congés payés. La seule façon d’arrêter de reculer c’est de reprendre le chemin de la lutte, puis de se débarrasser une fois pour toutes du capitalisme.