Moyen-Orient : l’escalade du chaos

En bombardant l’Iran, Trump et Netanyahou ont plongé les peuples de toute la région dans le chaos.

Les frappes visent les villes mais aussi les infrastructures énergétiques, avec des conséquences dramatiques : air irrespirable, sols contaminés, nappes phréatiques menacées. Des destructions d’industries, d’infrastructures, de centrales électriques, qui auront de dures conséquences pour des années sur un pays déjà confronté à une crise de l’eau et aux conséquences du blocus économique. Ce sont des milliers de victimes et des centaines de milliers de déplacés.

L’escalade a franchi un cap avec le ciblage des sites énergétiques gaziers. Forts du soutien de la première puissance mondiale, les dirigeants israéliens s’imposent comme relais de la domination impérialiste dans la région. Du Liban à Gaza, en passant par la Syrie et la Cisjordanie, la guerre s’étend. Au sud du Liban, des zones entières sont détruites par les bombardements et rendues inhabitables. En Syrie, Israël a repris le contrôle d’une zone démilitarisée à l’est du Golan. À Gaza, la population survit sous blocus et dans un territoire ravagé.

Toute la région est entraînée dans une escalade guerrière. La guerre contre l’Iran va imposer à la société iranienne un recul social et culturel pour des décennies, comme en Irak ou en Syrie après les interventions occidentales : écoles détruites, jeunesse privée d’éducation, destruction des infrastructures, appauvrissement massif, populations déplacées.

Sous les bombes, c’est tout un peuple, et tout un avenir, qui sont menacés.

Les bombes ne libèrent pas des mollahs

Les bombardements, aux conséquences catastrophiques pour la population, ont dispersé les illusions d’une libération par l’intervention des États-Unis.  En réalité, Trump n’a jamais cherché à libérer les Iraniens. Cette guerre vise à renforcer la domination américaine au Moyen-Orient, à contrôler les routes énergétiques et affaiblir ses rivaux, notamment la Chine, en coupant ses approvisionnements en pétrole. 

La population iranienne se retrouve prise au piège. D’un côté, les frappes menées par les États-Unis et Israël. De l’autre, la répression d’un régime religieux oppresseur qui survit aux bombarde­ments et redoute plus que tout sa propre population.

En Iran, le pouvoir a instauré un quasi black-out : internet coupé, communications limitées. Contrôles et arrestations se multiplient, ainsi que les exécutions de manifestants de janvier. Des dizaines de milliers de prisonniers politiques sont détenus, et craignent que la guerre serve de prétexte à de nouvelles exécutions massives comme par le passé.

En Iran, mais aussi parmi les exploités de nombreux pays, cette nouvelle agression israélo-américaine a pour effet de faire apparaître les mollahs et les Pasdarans comme des résistants face à la domination impérialiste.

Mais le nationalisme est une impasse. Car si Trump et Netanyahou sont les agresseurs, le régime iranien défend ses privilèges et ceux de la bourgeoisie iranienne par une répression féroce contre sa propre population.

Les vautours se regroupent

La guerre a bloqué le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part importante du pétrole, du gaz et de matières premières, créant une crise majeure menaçant l’économie mondiale.

Malgré des bombardements massifs, Israël et les États-Unis n’ont pas obtenu la capitulation de l’Iran. Le détroit reste toujours en partie fermé et le rouvrir nécessiterait une opération militaire d’ampleur. Trump exige l’appui des marines occidentales.

Les États occidentaux se sont finalement ralliés à Trump pour sécuriser la circulation des bateaux dans le détroit d’Ormuz, sous condition que les opérations militaires ralentissent… Les dirigeants des pays impérialistes savent qu’en restant à l’écart, leurs intérêts dans cette région pourraient être supplantés par l’impérialisme américain.

Ces dernières années, ils ont été écartés d’une grande partie du partage de l’Ukraine, ils ont dû concéder des droits sur le Groenland aux États-Unis et subir les conséquences de la guerre tarifaire de Trump.

La Belgique, la France et d’autres ont des intérêts importants dans la région. Les exportations belges vers l’Arabie saoudite atteignent près de 2 milliards d’euros. Les échanges entre la France et les États du Golfe dépassent les 20 milliards d’euros par an, impliquant les grandes entreprises du CAC 40.

Alors, comme hier en Irak, en Libye, en Afghanistan ou en Syrie, ils accompagnent l’impérialisme américain dans ses interventions destructrices et participent à la montée guerrière. Car dans le même temps, les budgets militaires augmentent partout en Europe. Et les gouvernements préparent leurs populations à subir les sacrifices de la guerre.

Alors, il n’y a aucune confiance à avoir dans la politique et la diplomatie de nos gouvernements qui  n’ont que faire de la vie des populations, là-bas comme ici.

Notre solidarité doit aller aux peuples qui subissent les guerres qu’engendre le capitalisme, en Iran, en Palestine, au Liban, sans oublier le Congo, Soudan, Birmanie… — et à tous les travailleurs pris dans ces conflits. À bas la guerre et le capitalisme !