Ministre du désastre

La ministre fédérale de l’Asile, de la Migration et de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt (N-VA) a décidé de supprimer le subside de 46 millions d’euros qui finançait l’accueil des réfugiés et des sans-abris à Bruxelles.

Ce subside avait été décidé en 2021 pour faire face à la situation catastrophique des personnes vivant à la rue dans la capitale. Selon Mehdi Kessou, le directeur de Belrefugees, la décision de la ministre c’est « 1.000 lits qui se ferment. En plus des 1.300 personnes en liste d’attente, ça va faire 2.300 en errance dans les rues de Bruxelles » et c’est « provoquer un désastre humanitaire ».

La ministre justifie sa décision par mesure d’économie. En réalité, c’est surtout parce que les partis du gouvernement fédéral subissent la concurrence électorale du Vlaamse Belang.

D’un côté les patrons exigent de mettre en pièces les dernières protections légales des travailleurs, tandis que les banques veulent que l’Etat fasse des économies. De l’autre, ces partis de gouvernement savent qu’ils vont se discréditer auprès de leurs électeurs avec cette politique d’austérité et que cela renforce l’extrême droite.

Alors le gouvernement se fera d’autant plus impitoyable contre les pauvres et les migrants pour faire diversion. Mais dans le domaine de la démagogie anti immigrés et anti pauvres, c’est le Vlaams Belang qui sortira gagnant !

Ministres pyromanes

Pendant que les gouvernements du Nord de l’Europe redoublent de démagogie contre les travailleurs étrangers, le gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sanchez et la coalition d’extrême-droite du gouvernement italien de Giorgia Meloni régularisent des centaines de milliers de travailleurs sans-papiers.

Ces deux pays connaissent une baisse rapide de leur population et des pénuries de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs comme le tourisme, l’agriculture, le bâtiment, la pêche ou les soins aux personnes. La régularisation de travailleurs clandestins est également un moyen d’accroître le financement des pensions et de la sécurité sociale.

Pourquoi pas en Belgique ou dans les pays voisins ? Cela s’est déjà produit, et cela se produira peut-être encore à l’avenir.

Mais pour le moment, ces gouvernements de Belgique et des pays voisins sont occupés à des mises en scène destinées à justifier des plans d’économies massifs dans les pensions et les soins de santé. La « politique de fermeté » contre les travailleurs étrangers est un chiffon rouge que les ministres agitent pour faire passer leurs attaques contre les « nationaux ».

Cela donne du crédit à l’idée fausse que les travailleurs étrangers sont une menace, et non les milliardaires rapaces, ce qui renforce l’extrême-droite.