L’expérience des travailleurs de Makro

Le 1er septembre 2022, les travailleuses et les travailleurs de l’enseigne Makro apprennent que les six magasins belges entrent en PRJ (procédure de réorganisation judiciaire) « faillite » artificielle avec licenciements à la clef. Quelques mois auparavant, le personnel de la riche multinationale METRO-MAKRO en Belgique passait entre les mains de différents capitalistes : Bronze Properties, GA Europe. Les bâtiments restaient entre les mains de METRO-MAKRO.

Pour les travailleuses et les travailleurs, tout ceci sent le Monopoly afin de licencier à moindre frais. Le patronat évite ainsi de payer les préavis légaux qu’il doit aux travailleurs. En effet, un nombre élevé de membres du personnel peut prétendre à des préavis de trois ou quatre ans !

Grâce à cette PRJ, le montant maximum auquel pourront prétendre les travailleuses et travailleurs sera plafonné à 30.500 euros brut (préavis et montant des congés payés compris !). Une honte. Et sans que cela ne coûte un sou aux actionnaires puisque ces indemnités seront payées par la collectivité via le Fonds de Fermeture !

Mais l’entourloupe ne s’arrête pas là. L’escroquerie est bien rodée. Ces vautours capitalistes contournent le Plan Renault et ses dispositions: il n’y a rien à négocier ! Les années d’ancienneté ne sont pas prises en compte, les quotes-parts patronales pour les « prépensionnables » disparais­sent, les préavis rabotés, pas de pourparlers pour d’éventuelles fins de carrières ou de primes de sortie. Que dalle! De la chair à patron. Silence assourdissant de la gauche. Mutisme à droite. Alors qu’il s’agit d’un hold-up sous couvert de la légalité. Les bureaucraties syndicales détournent le regard au lieu de s’insurger contre cette démolition des droits des travailleurs.

Le 31 janvier 2025, la presse signale que CV Real Estate, une société immobilière détenue à moitié par l’homme d’affaires Willy Naessens, et Colruyt Group Real Estate ont conclu un accord final avec METRO Properties Holding en vue d’acquérir onze anciens sites des enseignes Makro et Metro en Belgique… Le montant n’a pas été communiqué. Certainement un fameux pactole ! Mais, au fait, voilà de l’argent frais ! Assez pour verser les préavis, non ?