Zohran Mamdani, jeune candidat du Parti démocrate, a gagné les élections municipales à New York. Dans cette ville de plus de huit millions d’habitants, les immeubles des milliardaires côtoient les quartiers populaires du Bronx, du Queens ou de Harlem.
Critique du gouvernement israélien, faisant campagne pour taxer les riches, rendre les bus gratuits et geler les loyers exorbitants, Mamdani a attiré de nombreux électeurs. Le soutien qu’il a reçu, parmi les classes populaires mais aussi au sein d’une minorité de la communauté juive ou parmi les petits employés de Wall Street, montre qu’il existe une large opposition à Trump.
Ce succès traduit aussi la dégradation des conditions de vie : loyers trop chers, baisse du pouvoir d’achat. Mais contrairement à ce qu’affirme le journal français l’Humanité, sa victoire ne signifie pas que « l’ancien régime politique est en train de disparaître ». Elle ne fait pas non plus « trembler l’establishment américain » comme le dit le PTB. Au contraire, Mamdani a vite cherché à rassurer les milieux d’affaires. Selon plusieurs milliardaires, il s’est montré très « à l’écoute ». Et au sein du Parti démocrate, il a reçu du soutien car, comme Bernie Sanders à l’époque, il ramène des voix, peu importe les accusations sans fondement de communisme par les Républicains.
Aux États-Unis comme ailleurs, les partis qui se disputent pour gouverner, malgré leur apparence plus ou moins « sociale », partagent le respect des intérêts des capitalistes. Le capitalisme continue de faire régner sa loi, et ce n’est pas l’élection de Mamdani qui peut y mettre fin. En Belgique, le blocage du gouvernement fédéral sur le budget alimente les mêmes illusions : certains espèrent un nouveau gouvernement « plus à gauche », avec le PS.
Bien que le patronat fasse pression pour clôturer les négociations budgétaires, il est toujours possible qu’aucun accord ne soit trouvé. Le MR fait mine de s’opposer à une TVA plus élevée, et Vooruit fait mine de refuser un gel de l’indexation. Mais tous acceptent de prendre 8 à 10 milliards dans les poches des travailleurs !
PS, Vooruit, MR, Les Engagés et tous ceux qui ont participé au gouvernement hier ou aujourd’hui peuvent défendre leurs électeurs en paroles, mais en actes, ils obéissent au capitalisme. Autrement dit, par un bout ou par un autre, ils appliqueront la politique voulue par le grand patronat, qui prend aujourd’hui la forme de larges coupes budgétaires pour abreuver de cadeaux les groupes financiers et industriels.
Le problème de fond est mondial : la concurrence entre les grands groupes américains, européens, russes, indiens et chinois s’intensifie. Pour garantir toujours plus de profits, les capitalistes bloquent les salaires, licencient, augmentent les prix et s’appuient sur les gouvernements pour renforcer l’exploitation. Et au cas où ce ne serait pas suffisant, ils se préparent à la guerre, pour aller chercher des profits « dans l’assiette du voisin ».
C’est pour cela que la guerre en Ukraine continue. Les dirigeants européens ne cherchent pas la paix, mais des fonds pour produire plus d’armes, affaiblir la Russie et l’ouvrir au capital occidental. Et même si un jour les armes se taisent, quelle paix espérer ? Partout, la propagande nationaliste augmente et les dépenses militaires explosent. En Belgique, des survols de drones ont suffi à débloquer 50 millions pour de nouveaux équipements militaires, au nom d’un éventuel « danger russe ».
Pourtant, le vrai danger, ce sont les capitalistes eux-mêmes. Ils plongent des pays entiers dans la guerre — en Ukraine, au Soudan, Congo, Moyen-Orient — pour défendre leurs marchés et leurs profits. Ils investissent dans tout ce qui rapporte vite, même si cela détruit des vies ou la planète. Peu importe si cela amène à produire des armes plutôt que des bien utiles à la population. Et peu importe si la rentabilité espérée repose sur du vent, sur la spéculation, c’est-à-dire sur la simple conviction que le cours de l’action va continuer à monter.
Aujourd’hui, la spéculation dans l’intelligence artificielle explose. La valeur boursière de Nvidia a dépassé les 5.000 milliards de dollars, soit le PIB de l’Allemagne. Mais comme toutes les fièvres spéculatives, celle-ci risque de finir en krach boursier et d’entraîner dans sa chute toute l’économie mondiale. Cela risque d’entraîner un chaos réel avec des licenciements en masse et de plonger des milliards de personnes dans la misère. Comme l’exprimait le patron de Citigroup juste avant la crise de 2008 : « tant que la musique joue, on danse »… avant de licencier 17.000 employés, malgré un plan de sauvetage public de 300 milliards.
Le capitalisme n’a pas d’avenir!
