Les ministres se sont finalement accordés sur la réforme du travail de nuit. Il n’existe dorénavant plus d’interdiction du travail nocturne pour l’ensemble des secteurs en Belgique.
Un recul politique important
Il s’agit d’un recul important. Jusqu’ici, le travail de nuit ne pouvait être autorisé qu’à titre exceptionnel. Cela n’empêchait pas le patronat d’y exposer plus de 500.000 travailleurs — soit un sur dix — régulièrement. Désormais, le travail de nuit pourra être imposé dans tous les secteurs, sans aucune restriction.
Perte de salaire dans la distribution et le commerce
Le travail sera généralement considéré comme « de nuit » si la prestation est effectuée entre 20h et 6h. Néanmoins le gouvernement a prévu un régime spécifique pour la distribution et le commerce où le travail ne sera rémunéré comme étant « de nuit » qu’entre 23h et 6h du matin (le projet initial prévoyait minuit-5h). Cela représente une perte de salaire allant jusqu’à plusieurs centaines d’euros par mois !
Danger pour la santé
Les effets néfastes du travail de nuit sur la santé sont bien connus. Il réduit de cinq à huit ans l’espérance de vie et augmente les risques de cancer, de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de diabète, ainsi que de troubles psychologiques comme la dépression.
Le travail de nuit est bien sûr nécessaire dans certains secteurs, comme les soins de santé, les transports publics, les services de secours, les télécommunications, l’énergie, ou certaines productions ininterrompues. Il devrait être compensé par des temps de repos supplémentaires.
Mais dans la majorité des cas, le travail de nuit est dicté par la seule logique du profit. Les patrons veulent rentabiliser au maximum leurs machines, entrepôts et usines : jour et nuit — peu importe les conséquences sur la santé des travailleurs.
