Echos du bulletin d’entreprise chez Audi Bruxelles

Carotte d’halloween

Juste au moment où la direction annonce la date de la fin de la production, voilà qu’un nouveau fantôme de repreneur apparaît qui nous chuchote qu’il y aura peut-être une solution, si on reste sage, au moins pour quelques-uns… Mais laquelle ? Travailler plus pour un salaire moindre ?

Ici, il n’y a plus grand monde qui croit aux fantômes.

La hantise des patrons

La direction d’Audi continue de proposer des cacahuètes. Et les dirigeants syndicaux nous disent de continuer à miser sur les palabres avec ces licencieurs.

Les dirigeants syndicaux se préoccupent surtout d’épargner aux patrons leur plus grande crainte : que les travailleurs s’organisent pour défendre réellement leurs intérêts !

C’est vrai que les travailleurs organisés et décidés, on ne peut pas facilement les balader.

Pôvre patron

Face aux travailleurs d’Imperial en grève qui réclament un plan social, le directeur d’Imperial s’est plaint de ne pas avoir d’argent pour verser plus que le minimum légal en cas de licenciement et a déclaré être soulagé de ne pas devoir se mettre en faillite !

Impérial appartient à DP World, un des plus grands groupes portuaire mondial, propriété du cheik multimilliardaire et émir de Dubaï Mohammed Al Maktoum.

L’argent existe pour payer les travailleurs jusqu’à ce qu’ils retrouvent un travail correctement payé. Et c’est ensemble qu’on fera payer les actionnaires d’Audi, d’Imperial et tous les autres.

L’art de pleurer la bouche pleine

Au troisième trimestre, le bénéfice net du groupe VW aurait baissé de 42% par rapport à la même période de l’année précédente. A entendre les porte-parole du groupe et les commentateurs, VW est au bord de la catastrophe. La « catastrophe » c’est qu’au lieu de 4,8 milliards, l’entreprise n’engrange « que » 2,8 milliards d’euros en 3 mois. Ce n’est « que » l’équivalent de 56.000 salaires annuels de 50.000 euros. Largement de quoi payer les salaires ou des indemnités pour ceux qui veulent partir.

Donnez de bon cœur, c’est pour des investissements

Le directeur financier du groupe Volkswagen estime que ce profit est insuffisant, parce qu’il faut investir 5 milliards, condition pour « pouvoir garantir des emplois durables ». Ce qu’il ne dit pas : le groupe vient de distribuer 4,8 milliards d’euros en dividendes aux actionnaires. En trois ans, ce sont 22 milliards qui ont été distribués aux actionnaires. Pourquoi ils n’ont pas utilisé cet argent-là pour les investissements?

C’est pour ne pas toucher à leurs dividendes et leurs fortunes que les grands actionnaires envoient des milliers de travailleurs au chômage et aggravent l’exploitation des autres !

Accepter le choléra pour éviter la peste ?

Après une première longue réunion avec la direction du groupe en Allemagne, les représentants du syndicat IG Metall communiquent : « Il semble toutefois que, même avec le soutien du conseil d’administration, on puisse au moins tenter de trouver une solution acceptable pour toutes les parties, sans destruction d’usines ni licenciements massifs – à condition que les objectifs de (réduction de) coût soient atteints ».

Bref, les dirigeants syndicaux s’apprêtent à accepter les baisses de salaire pour éviter les licenciements. Mais bien sûr, la résiliation de la « garantie d’emploi » est maintenue.

Si les travailleurs laissent faire, ils auront les deux : les baisses de salaire ET les licenciements.