Ebola en RDC : épidémie du capitalisme

Depuis mai 2026, l’épidémie de fièvre hémorragique virale Ebola a déjà fait plus de 3.000 morts recensées en République démocratique du Congo, en réalité bien davantage. Elle a éclaté en Ituri, dans l’Est du pays, une région ravagée depuis des décennies par la guerre et les conflits autour de l’exploitation des minerais.

Les soignants sont en première ligne : Ebola se transmet notamment par contact avec le sang ou les fluides corporels d’une personne infectée. Pourtant, ils manquent de gants, de masques, d’antiseptiques et de matériel médical. Dans le même temps, armes et véhicules continuent d’alimenter les groupes armés, tandis que les minerais quittent la région pour approvisionner le marché mondial.

Les puissances impérialistes ont pillé le Congo et continuent à y entretenir la misère et la guerre. Comme pour les sécheresses ou les inondations, elles voudraient présenter les épidémies comme des catastrophes simplement « naturelles ». Pourtant, en 2026, l’humanité dispose largement des moyens techniques pour détecter ce genre d’épidémie et éviter sa propagation !

C’est déjà la 17e épidémie d’Ebola en RDC. Mais plutôt que de renforcer les systèmes de prévention, les grandes puissances ont réduit leurs aides. En 2025, l’aide américaine à la RDC a chuté de plus de 40 %, tandis que les financements français, allemands et anglais consacrés à la santé sur 2020-2024 ont diminué de 31% en comparaison avec les cinq années précédentes. Ces « aides » ne sont pourtant que des miettes en comparaison des milliards pillés par les entreprises occidentales au Congo en exploitant les minerais et les travailleurs.

Des spécialistes de la santé ont récemment expliqué dans une lettre comment les coupes dans les aides humanitaires ont largement participé à l’expansion du virus. En 2012, une épidémie causée par le même virus Ebola (Bundibugyo) avait été détectée en quelques semaines et contenue en quatre mois. Cette fois, le virus aurait circulé pendant près de trois mois avant d’être détecté en mai dernier. Le démantèlement des systèmes de sur­veil­lance et de détection provoqué par les coupes dans l’aide internationale, en plus de l’état de guerre permanent, a directement favorisé sa propagation.

Et aujourd’hui encore l’aide arrive au compte-gouttes car, en réalité tant que le virus n’arrive pas en Europe ou aux USA, ces dirigeants s’en moquent ! Début juin, les dirigeants des États-Unis demandaient même avec cynisme aux pays européens, dont la Belgique, d’interdire l’entrée de leur territoire aux Congolais !

L’épidémie Ebola, que ce soit pour son déclenchement, ou l’incapacité à la contrôler, est une conséquence du capitalisme ! Un système qui trouve toujours les moyens d’extraire des minerais, mais pas ceux de sauver des vies ? Il faut s’en débarrasser !