Congo : Mukwege candidat

Le docteur Mukwege a annoncé sa candidature aux élections présidentielles du Congo qui se tiendront en décembre. Ce gynécologue est connu pour avoir dénoncé les viols collectifs et soigné les mutilations génitales atroces que les femmes subissent de la part des nombreux groupes armés qui sévissent au Kivu. Ses prises de paroles courageuses lui ont valu d’échapper de peu à plusieurs tentatives de meurtre.

Mukwege a aussi dénoncé les “rapaces qui de l’extérieur font main basse sur les richesses du Congo”, dénonçant les “accords léonins qui ont permis de brader 65% des minerais du Katanga à certaines entreprises étrangères”, “les gens qui viennent de très loin, qui viennent vendre sans autorisation les minerais congolais sur le marché noir et empocher des milliers de dollars” et la corruption généralisée de la classe politique congolaise. Une corruption en effet sciemment entretenue par les multinationales occidentales.

Vu les pratiques de fraude électorale bien connues, Mukwege appelle le peuple congolais à le soutenir en “se mobilisant massivement et pacifiquement pour contrôler le processus électoral”. Ses perspectives ne sont évidemment pas révolutionnaires. Il aspire à redonner au Congo sa place sur le podium du développement.

Quoi qu’il arrive, son courage, ses discours et même son éventuelle élection, ne pourront rien contre l’ordre impérialiste et la misère dans laquelle le colonialisme a enfoncé l’Afrique. Ceux qui pillent le Congo ne reculent pas devant un assassinat politique, comme l’a montré l’assassinat de Lumumba en 1961 par la CIA et l’armée belge. L’armée congolaise elle-même a récemment montré sa servilité barbare à l’ordre impérialiste en assassinant une cinquantaine de jeunes désarmés qui préparaient une manifestation pour appeler au départ des forces de l’ONU présentes sur place. Elle n’hésitera pas à renverser un président qui menacerait les profits des capitalistes occidentaux, comme Allende au Chili il y a 50 ans.

Aucun politicien, aussi sincère soit-il, ne pourra s’opposer à l’impérialisme. Seule une révolution des travailleuses et des travailleurs congolais, qui s’adresserait à la classe ouvrière d’Afrique et du monde entier, pourrait sortir le Congo de la barbarie.