Dans une interview sur Bel RTL, le ministre de l’emploi David Clarinval (MR) a déclaré: » Plus d’un chômeur sur deux qui va être exclu du chômage, au cours de l’année prochaine ou de l’année suivante, sont d’origine étrangère donc moins de la moitié sont Belges (…). » Et alors ? Le chômage n’est pas moins grave quand il touche des non belges !
Mais en plus Clarinval confond volontairement deux catégories créées par la bureaucratie de l’État : celle de travailleur « d’origine étrangère », et celle de travailleur « de nationalité belge ». Ainsi le roi Philippe lui-même, belge bien sûr, est considéré comme « d’origine étrangère » car sa mère est Italienne !
L’ONEM a rectifié le mensonge de Clarinval : 80 % des exclus du chômage sont ou seront de nationalité belge. Donc bien loin des fantasmes d’extrême droite propagés par Clarinval !
Les travailleurs n’ont pas de patrie !
Mensonge délibéré ou pas, la déclaration de Clarinval a un but clair : diviser les travailleurs pour tenter d’imposer plus facilement l’exclusion de 180.000 chômeurs du droit aux allocations !
Mais l’origine ou la nationalité ne change rien au fait que nous sommes tous des travailleurs, avec ou sans travail. Les seuls qui ont intérêt à faire la différence sont les capitalistes qui nous mettent concurrence, pour les salaires, les emplois et même, comme c’est le cas ici, pour les allocations !
Face à l’exploitation, aux bas salaires et aux licenciements, les travailleurs ont intérêt à s’unir par delà toutes leurs différences !
C’est un écran de fumée
Cette polémique est aussi un écran de fumée. Plutôt que de discuter de la nationalité des exclus du chômage, il faut rappeler la violence des licenciements et de l’exclusion du chômage.
Plus de 180.000 chômeurs vont être exclus des allocations à partir de janvier 2026. Une grande partie d’entre eux se retrouveront sans revenu car ils n’auront même pas accès au CPAS, par exemple s’ils sont cohabitants de quelqu’un ayant un revenu. Cette mesure va conduire à l’exploitation forcenée de ceux qui ont encore un travail, aux violences urbaines, à la prostitution, au commerce de drogue, aux crimes ou au suicide.
Le chômage est inscrit dans le fonctionnement du capitalisme. A qui la faute du chômage sinon à ceux qui licencient ou qui suppriment des emplois ?
Ensuite, après avoir licencié par milliers, les patrons utilisent les chômeurs pour faire pression à la baisse sur les salaires ! Et plus la pauvreté de ceux qui n’ont pas d’emploi est grave, mieux elle sert les intérêts des capitalistes en contraignant les chômeurs à accepter des salaires au rabais et des conditions de travail inhumaines.
Et ils croient peut-être que l’on va accepter cela sans se révolter ?
