Canal de Panama : le poids de l’impérialisme

Une filiale du fonds d’investissement américain BlackRock a racheté deux ports stratégiques situés aux extrémités du canal de Panama, ainsi que d’autres infrastructures portuaires appartenant au géant hongkongais Hutchison, pour un montant de 22,8 milliards de dollars.

Ce rachat fait écho aux annonces de Trump clamant qu’il reprendrait le contrôle du canal de Panama, militairement si besoin, sous prétexte que les navires américains paieraient des droits de passage trop élevés pour l’emprunter.

Cette menace visait directement la Chine, accusée de trop profiter de cette voie stratégique. Trump lui reproche de réaliser trop d’investissements en Amérique latine, un continent que les États-Unis considèrent comme leur chasse gardée.

Ce canal est extrêmement important pour les capitalistes américains. Situé en Amérique centrale et reliant l’océan Atlantique et l’océan Pacifique, il permet aux navires d’éviter de contourner l’Amérique du Sud. 75% des navires traversant le canal sont en provenance ou à destination des États-Unis.

Le rachat par BlackRock de ces deux ports du canal de Panama (Balboa et Cristóbal), assure aux États-Unis, de fait, le contrôle du canal.

BlackRock, intimement lié à l’État américain symbolise la puissance de l’impérialisme. Ce mastodonte gère les actifs de nombreux fonds de pension mais aussi ceux de milliardaires, dont Warren Buffett, la reine d’Angleterre, la famille Rothschild. BlackRock a des intérêts partout. Il détient au moins 5 % des actions de près de la moitié des grandes entreprises américaines. En France, il est présent dans le capital de la plupart des entreprises du CAC 40.

BlackRock gère une somme d’actifs financiers qui valent plus que les PIB additionnés de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, plus de 11.500 milliards de dollars.

Les menaces de l’administration Trump ont préparé le rachat par BlackRock. Des capitalistes comme Larry Fink, patron de BlackRock, sont tellement puissants qu’ils prennent le contrôle d’infrastructures avec leurs capitaux, sans qu’une intervention directe de l’armée soit nécessaire. Et ces capitalistes sont au besoin soutenus par l’État américain et l’armée la plus puissante du monde.