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Licenciements planétaires

Suite à la fermeture de l’usine Caterpillar de Gosselies en Belgique, une partie de la production serait rapatriée sur les usines à Echirolles, près de Grenoble.

« Le malheur des uns ferait le bonheur des autres ? » pourraient penser certains. Eh bien même pas ! Car une partie de la production d’Echirolles partirait au Brésil et il y aura non seulement du chômage technique au programme mais aussi une restructuration. Et une centaine de départs soi-disant volontaires sont en préparation !

Des centaines d’emplois sont aussi supprimés dans les usines américaines du groupe qui fabriquent les engins utilisés dans le secteur minier, en déconfiture en ce moment, suite aux hausses de production spéculatives de ces dernières années.

Dans ce Monopoly à l’échelle mondiale, ce sont toujours les travailleurs qui trinquent, tant qu’ils ne se font pas craindre.




Excavatrices et pompes à profits

Entre Caterpillar Belgique et les actionnaires, il n’y a pas moins de 6 entreprises financières différentes qui se détiennent successivement, un peu comme les poupées russes qui s’emboitent les unes dans les autres.

En remontant d’étage en étage, on passe d’un paradis fiscal à l’autre : Belgique, Luxembourg, Suisse, Bermudes, Delaware… Ce montage complexe sert évidemment à éluder l’impôt et à mettre les profits en sécurité. Alors qu’en 2000, le chiffre d’affaire de Caterpillar Belgique était de 1,2 milliard €, il est tombé l’année suivante à moins de 300 millions. En effet, le produit des ventes revient à une société basée en Suisse… où les bénéfices sont taxés à seulement 10%.

Une telle structure est légale, même si les chiffres déclarés ne correspondent manifestement pas à la réalité. En divisant le chiffre d’affaire de 2015 du site de Gosselies par le nombre de machines assemblées, on obtient un prix moyen par excavatrice de 100 000 €. En occasion, elles sont vendues au double ou au triple… Et leur prix réel est encore bien plus élevé.

Cette facilité qu’ont les groupes capitalistes de déplacer leurs profits à leur guise résulte de la complicité des gouvernements. Il est grand temps que les travailleurs mettent le nez dans les comptes des entreprises pour défendre les emplois et les salaires.




Caterpillar : les travailleurs qui se défendent ont raison !

A Caterpillar, comme dans beaucoup d’autres entreprises, les travailleurs sont mis sous pression pour augmenter les volumes de la production. La direction et les cadres utilisent le harcèlement, les menaces, les licenciements au moindre prétexte. Cela est fait de façon concertée, organisée. Une réalité vécue par de nombreux travailleurs dans de plus en plus d’entreprises.

A Caterpillar, une fraction des travailleurs a décidé de réagir collectivement, en arrêtant le travail vendredi 18 suite à un nouveau licenciement d’un collègue.

La direction a immédiatement fait planer des menaces sur l’avenir du site de Caterpillar. Mardi, les cadres ont pu s’appuyer sur les travailleurs rendus inquiets par ces menaces pour intervenir devant le conseil communal de Charleroi, pour défendre « leur droit au travail ». Une façon d’opposer ceux qui ont encore un travail à ceux qui ont été licenciés… et ceux qui craignet de l’être. Ce n’est pas une défense « du droit au travail », mais celle du droit du patron de harceler, pressurer, licencier !

Les travailleurs qui ont fait grève pour défendre leur collègue et dénoncer les pressions ont eu raison ! Et ceux qui utilisent la peur pour augmenter l’exploitation ne devront pas s’étonner le jour où elle se transformera en colère !