Emprisonnés avec le virus

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Depuis des années, la surpopulation et les conditions de vie des détenus sont dénoncées par l’observatoire international des prisons. Le personnel pénitentiaire proteste de son côté contre le manque d’effectif, et l’épuisement qui en découle.  Il a fait grève à plusieurs reprises pour le faire savoir. 

Avec le coronavirus la situation est pire que jamais. Lorsqu’un cas de coronavirus se déclare, les détenus sont mis en quarantaine, leurs visites suspendues et l’accès aux douches et à la promenade restreints. Les confinements se succèdent. A Saint-Gilles, différentes ailes ont été successivement mises en quarantaine en mars et les gardiens ont fait grève pour dénoncer les conditions sanitaires. La prison de Termonde a été placée en quarantaine pour la 14e fois depuis le début de la pandémie. 

Les décisions du ministre de la Justice Van Quickenborne de suspendre les congés pénitentiaires jusqu’au 30 juin et de compliquer les sorties anticipées n’arrangent évidemment rien. Elles ont pour effet, au contraire, d’augmenter la surpopulation carcérale. Et le sous-effectif devient encore plus criant avec les gardiens écartés en raison du Covid. 

Pour protester contre cette situation, les gardiens des prisons de Forest, Saint-Gilles et Berkendael à Bruxelles ont fait 24h de grève à nouveau vendredi 9 avril. 

Le gouvernement impose le couvre-feu, restreint les contacts privés, disperse les manifestations au nom des règles sanitaires mais là où il pourrait directement agir, il ne fait rien et laisse les détenus et les gardiens en tête à tête avec le virus, rendant la situation intenable pour tous.