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Brexit, Blexit, Vlexit, Wlexit… l’extrême-droite radote dans toutes les langues

L’extrême-droite belge veut, elle aussi, profiter de la victoire du Brexit en y accrochant son wagonnet. Mais faut-il que la Belgique fasse son propre Belxit (Modrikamen – PP) ou est-ce que c’est un Vlexit (Vlaams Belang), ou un Wlexit dans l’ombre de Marine Le Pen (Rassemblement Wallonie-France) ?

Les travailleurs n’ont pas à choisir derrière quelles frontières se faire enfermer pour mieux se faire exploiter, ils peuvent, au contraire, en finir avec les frontières et l’exploitation !




Amitié de démagogues

Le dirigeant de la N-VA entretenait hier encore des relations proches avec Boris Johnson, un des principaux dirigeants de la campagne pour le Brexit. On prenait le thé ensemble à Londres et on s’envoyait des messages de sympathie et de soutien mutuels. Mais aujourd’hui, De Wever trouve que les Britanniques ont fait un « choix débile ».

Cela en dit long sur le mépris qu’il a de ses propres électeurs auxquels il propose un choix du même acabit en leur promettant qu’ils se porteraient mieux si la Flandre pouvait décider par elle-même, et qui subissent aujourd’hui les mesures d’austérité du gouvernement fédéral ET du gouvernement flamand.




Brexit : le bal des démagogues

Le référendum organisé au Royaume-Uni a donné une majorité pour quitter l’Union européenne. C’est une victoire pour tout ce que la Grande-Bretagne et l’Europe comptent de réactionnaires anti-immigrés, de nationalistes et de souverainistes.

Dans ce référendum, les intérêts des travailleurs n’étaient représentés ni par un camp, ni par l’autre. Le camp du « in » défendait l’appartenance à une Europe faite pour les capitalistes et les banquiers. Les travailleurs conscients d’avoir affaire à une caste politique et à des institutions qui n’ont jamais été de leur côté ne pouvaient pas l’approuver.

Mais se ranger dans le camp du Brexit revenait à conforter le vote anti-immigration et raciste et à cautionner les calomnies déversées sur les immigrés accusés de profiter des aides sociales et de prendre l’emploi des Britanniques. C’était, dans les deux cas, un mauvais choix.

Le monde ouvrier a déjà perdu beaucoup car la campagne pour le Brexit a aggravé les divisions qui opposent les travailleurs britanniques aux travailleurs européens ; les immigrés de longue date à ceux récemment arrivés. Cette évolution réactionnaire est un danger qui menace tous les travailleurs d’Europe.

Que peut signifier cette souveraineté nationale pour les exploités quand leur emploi, leur salaire, leur retraite sont dépendants du bon vouloir patronal !

Que ce soit à l’échelle de l’Union européenne, celle d’un grand pays, ou celle d’une petite région, un banquier reste un banquier, un patron reste un patron. Faire croire aux travailleurs qu’ils pourraient échapper à l’exploitation ou trouver un peu de protection auprès de leur État national est un leurre.

Il n’y a qu’à regarder la N-VA qui promettait monts et merveilles aux travailleurs flamands, si la Flandre pouvait décider pour elle-même. Les nationalistes qui sont au gouvernement flamand et ont accédé au gouvernement fédéral mènent une politique anti-ouvrière et d’austérité aussi violente que les autres partis. Toutes les promesses sont oubliées, les travailleurs doivent trinquer au profit des capitalistes !

Sur le plan économique, le « divorce » engendré par le Brexit ne sera que de pure forme. Les capitalistes britanniques et européens ont intérêt à préserver leurs relations économiques, leurs représentants politiques écriront d’autres traités et signeront d’autres accords. Mais pour les exploités, ce sera toujours le même chantage à la compétitivité.

Si les travailleurs se laissent détourner de leurs intérêts de classe avec de faux débats, ils seront toujours perdants. Et ils risquent de l’être une fois de plus, avec la nouvelle vague spéculative que le Brexit a déclenchée. Car nous avons vu comment la tempête boursière de 2008 a débouché sur une crise économique mondiale, payée par les travailleurs au travers des licenciements et des fermetures d’usines.

Les politiciens britanniques sont aussi menteurs et démagogues que ceux d’ici. Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, qui était il y a quelques années partisan de l’UE, s’est transformé, le temps de la campagne, en un de ses plus farouches adversaires. Maintenant que le Brexit est voté, il est beaucoup moins pressé de quitter l’UE !

Il faut se méfier comme de la peste de ces démagogues qui détournent la colère sociale des véritables responsables et qui distillent le poison de la division dans la classe ouvrière.

La seule façon d’aller de l’avant est de préparer les travailleurs à combattre leur ennemi intérieur, les patrons, leurs gouvernements et leur système. En s’unissant, quelle que soit leur nationalité, les travailleurs représentent une force capable de se défendre. C’est sur le terrain de la lutte de classe que se jouent les intérêts des exploités. C’est sur ce terrain qu’ils doivent se battre.