Socialisme ou barbarie

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La décapitation d’un journaliste américain en direct sur Internet et la fuite des populations appartenant à la minorité religieuse des Yézidis ne donnent qu’un infime aperçu de l’horreur que vit la population en Irak. Des atrocités qui s’ajoutent à celles des bombardements de la population de Gaza par l’armée israélienne, des massacres en Syrie, des ravages meurtriers entre bandes rivales en Lybie et des affrontements nationalistes en Ukraine.

Mais si on nous parle de fanatisme religieux, de guerres ethniques entre différentes factions se réclamant de l’Islam, ou encore entre Juifs et Arabes, comme si c’était une question de religions ou de peuples barbares, les barbares sont à chercher avant tout du côté des dirigeants des pays impérialistes et de leurs grandes entreprises.

C’est depuis des décennies que dans toute la région du proche et moyen Orient, les dirigeants impérialistes, anglais, américains, français, européens, dressent les États et des peuples de la région les uns contre les autres afin de mieux préserver leur domination. Et ils ont fait la même chose en Afrique noire et en Asie.

L’armement de l’Irak de Saddam Hussein dans les années 80, pour contrer l’Iran, et les deux guerres contre l’Irak qui ont suivies ne sont qu’une partie de cette histoire. Après la dernière décennie de guerre qui a coûté plus de 2 000 milliards de dollars, même les quartiers de la capitale Bagdad n’ont plus toujours de l’électricité. Beaucoup d’écoles sont détruites, les enseignants morts ou réfugiés, se rendre à l’école c’est risquer sa vie. Ce sont les dirigeants impérialistes qui ont ramené ce pays des siècles en arrière !

La seule chose présente en suffisance dans ce pays, ce sont des armes. Et c’est à nouveau la seule réponse que trouvent les dirigeants des pays occidentaux : bombardements et livraisons d’armes, cette fois aux milices kurdes. Ce sera au tour de ce peuple opprimé de servir de chair à canon à l’impérialisme avec comme seul résultat d’ajouter la guerre à la guerre.

C’est dans cette même politique du « diviser pour mieux régner » que s’insère le rôle de l’Etat d’Israël subventionné et armé par les puissances impérialistes. Ses dirigeants n’agissent pas seulement pour leur propre compte, mais autant et plus pour le compte des grandes puissances occidentales dont les trusts tirent profit des richesses du sous-sol en pétrole comme de la vente d’armes.

Et les autres États du voisinage, arabes ceux-là, ne valent pas mieux. Les multinationales concèdent à leurs dirigeants de quoi vivre dans l’opulence pendant qu’une grande partie de leurs peuples crèvent dans la misère. Faut-il le rappeler, si le blocus est imposé à Gaza par Israël, il l’est, aussi, par l’Égypte, un pays dont l’armée financée et armée par les Etats-Unis exerce une dictature implacable contre les pauvres.

Tout le mécanisme du système capitaliste mondial est bâti comme cela : des guerres et des massacres là où se situent les richesses en matières premières. Et cela pour qu’à l’autre bout du monde, dans les sièges feutrés des grands trusts à New York, Londres, Paris, Berlin ou Bruxelles, les dirigeants capitalistes puissent ajouter des milliards aux milliards qui seront gaspillés en luxe inouï pour une minorité ou dilapidés dans la spéculation. Les grandes sociétés financières pataugent partout dans le sang.

Aussi plus près de chez nous, le bruit de bottes qui se fait entendre en Ukraine, suit cette même logique de domination sur les richesses minières dans cette région. La « démocratie » et la « liberté » au nom de laquelle les crapules hypocrites qui dirigent l’Union Européenne et les Etats-Unis soutiennent des milliardaires à la Porochenko et sa politique nationaliste, signifient pour la population laborieuse de ce pays la guerre et un important retour en arrière de ses conditions de vie.

Ici, pour l’instant, les capitalistes se contentent de nous faire subir leur crise par le chômage, l’austérité et les reculs sociaux. Mais disons-nous bien que ce sont ces mêmes capitalistes et banquiers qui font subir la guerre aux classes populaires de Gaza, en Irak ou en Ukraine.

La guerre, c’est le présent de bien de peuples dans ce système barbare. Mais elle peut aussi devenir notre avenir. Les reportages rétrospectifs consacrés au déclenchement de la Première Guerre mondiale montrent avec quelle rapidité des millions d’ouvriers, de paysans ont été mobilisés pour être transformés en chair à canon. Huit millions de morts dans la première guerre mondiale, non pas pour la patrie, ni pour défendre la liberté, mais pour permettre aux grands fauves capitalistes rivaux d’accroître leur part de la dépouille de leur victime.

Le capitalisme n’est pas devenu meilleur après deux guerres mondiales, mais nuisible à une plus grande échelle encore. L’humanité ne connaîtra la paix qu’avec la fin de ce système barbare.