USA : manifestations contre Trump, l’ICE et la guerre

Pour la troisième fois en moins d’un an, des millions de manifestants – peut-être huit millions – ont protesté le 28 mars dans les rues de plus de 3.000 villes américaines, grandes et petites, contre la politique de Donald Trump.

Cette mobilisation conteste l’autoritarisme de Trump, d’où la bannière « No Kings », pas de rois, qui rassemble tous ceux qui s’opposent au milliardaire président.

De nombreuses pancartes ciblaient aussi l’ICE, la police anti-immigrés, qui a démontré sa violence de Los Angeles à Chicago, et surtout à Minneapolis. Des dizaines d’immigrés sont morts de mauvais traitements dans des centres de rétention, et deux militants protestant contre la chasse aux sans-papiers ont été tués par cette police dans les rues de Minneapolis en janvier. Des millions de travailleurs vivent dans la peur d’être arrêtés, arrachés à leur famille et à leur travail, et expulsés du pays après y avoir passé des décennies.

Que des foules manifestent contre ce harcèlement policier ne peut que réconforter les travailleurs ciblés par l’ICE. Cela démontre que la division de la classe ouvrière peut être surmontée et qu’il est possible de s’organiser pour mettre des bâtons dans les roues de l’appareil policier et des dirigeants de Washington.

C’est ce qu’a fait une partie de la population à Minneapolis en début d’année, démontrant l’impopularité de cette machine à broyer les travailleurs immigrés et forçant l’ICE à quitter la ville où elle avait été déployée par le gouvernement Trump. Le 28 mars, à nouveau, une immense manifestation de plus de 100.000 personnes s’est déroulée dans cette ville.

Dans de nombreux cortèges, l’hostilité à la guerre déclenchée contre l’Iran s’est aussi exprimée. Aux États-Unis, la population subit une hausse importante des carburants : en un mois l’essence a augmenté de 31 % à la pompe et le gasoil de 38 %. Cela contribue à rendre la guerre impérialiste au Moyen-Orient impopulaire, malgré les discours de victoire répétés quotidiennement  par Trump. Les travailleurs peuvent voir que la guerre contre les Iraniens se mène aussi contre eux.

Les difficultés croissantes que Trump rencontre profitent à ses concurrents démocrates qui ont récemment gagné quelques élections partielles et espèrent gagner les élections de mi-mandat dans sept mois. Plusieurs dirigeants démocrates ont profité de la mobilisation du 28 mars pour prendre la parole et appeler les manifestants à voter pour eux pour se débarrasser de Trump. Mais les démocrates au pouvoir sont tout autant au service des capitalistes. Et ils ont initié, ou souvent mené ensemble, de nombreuses guerres : Corée, Vietnam, Haïti, Libye, Yougoslavie, Irak… Et ils continueront à s’en prendre aux travailleurs immigrés.

La manière dont toute une partie de la population de Minneapolis s’est organisée en janvier et février, sans attendre grand-chose des politiciens, et en empêchant chaque jour l’ICE d’agir dans les rues de leur ville, est une perspective bien plus riche pour l’avenir.