Un budget pour les grands patrons

Lundi 24 novembre, au début des trois jours de grève, le gouvernement Arizona a annoncé un accord sur le budget 2026 : 9,2 milliards d’austérité d’ici 2029.

Le timing est clair : après des mois d’atermoiements, sortir ce budget le jour de la grève, c’est un pied de nez aux syndicats. Mais le pire, c’est le contenu de l’accord budgétaire qui va appauvrir l’ensemble du monde du travail.

Mépris et pression contre les malades et les médecins

Une des principales mesures vise les malades de longue durée. Le gouvernement prétend pouvoir « remettre au travail » 100.000 personnes en augmentant la pression sur les médecins comme sur les malades. Hausse des contrôles des « coordinateurs de travail » et des « médecins-conseil », limitation dans le temps de la reconnaissance d’invalidité, réduction de la durée des certificats (3 semaines pour le premier, 3 mois pour la première année), sanctions en cas de rendez-de-vous manqués, rapport que les médecins devront rédiger pour indiquer ce dont le travailleur est encore capable, etc.

Les mutualités seront aussi sous pression : leur financement dépendra désormais de leur « efficacité » à renvoyer les malades au travail.

Et le gouvernement en profite pour faire la part belle au patronat ! La prime pour les emplo­yeurs qui engagent des personnes en incapacité (pour minimum trois mois) sera augmentée. Et si les modalités du paiement des congés maladie ne sont pas encore très claires, le gouvernement prévoit des changements pour baisser les contributions patronales.

Baisses des salaires, des pensions et des allocations

L’indexation sera maintenant plafonnée, seule la tranche jusqu’à 4.000 € brut sera indexée.

Le gouvernement fait croire que la mesure ne touche que les hauts salaires. C’est faux. Un salaire brut de 4.000 €, c’est le salaire d’ouvrier de nuit, de techniciens, d’infirmières, d’employés…

Dans beaucoup de familles, un parent gagne un peu plus et l’autre un peu moins que ce montant. Ce sont ces ménages-là qui vont perdre du pouvoir d’achat. Les pertes sont énormes : par exemple, un enseignant perdra en moyenne 19.000 euros bruts sur sa carrière, et un travailleur de nuit 47.000 euros !

En plus, l’indexation des allocations et des pensions sera aussi plafonnée mais cette fois avec un seuil de 2.000 € bruts. Et contrairement aux illusions propagées par le gouvernement, l’argent économisé par ces plafonnements de l’indexation n’ira jamais dans les poches des travailleurs qui ont des salaires plus faibles. Au contraire : en baissant les salaires un peu plus élevés que la moyenne, cela exerce une pression à la baisse contre tous les salaires !

Quant aux capitalistes, car c’est là un des objectifs clés de la mesure, ils gagnent gros étant donné que ce plafonnement de l’indexation implique une baisse des cotisations sociales.

Bart De Wever le reconnaît lui-même : « Les baisses de charges sur le travail [donc de cotisations sociales] représentent trois fois les hausses de TVA. »

Hausse des taxes de consommation

Un troisième volet de mesures concerne diverses hausses des taxes ou accises. Plusieurs produits vont passer de 6% de TVA à 12%.

Il s’agit des repas à emporter, des activités récréatives (cinéma, concerts, etc.) mais aussi des abonnements sportifs par exem­ple. Toutes ces hausses, les commerçants et centres sportifs ou récréatifs vont les faire payer au consommateur. Et pour les colis hors UE, une taxe de deux euros sera appliquée.

En Belgique, où une majorité des locataires se chauffe au gaz et n’a aucun contrôle là-dessus, les accises sur le gaz naturel vont augmenter pour arriver d’ici 2029 « à l’équivalent d’un effet de 12% de TVA ».

Et le ton du budget se voit aussi dans les réponses du gouvernement face aux critiques. Aux commerçants qui s’inquiètent d’une baisse de la demande suite à la hausse de la TVA, le gouvernement répond que celle-ci est compensée par un « recours élargi aux flexi-jobs jusqu’à 18.000 euros ».
Autrement dit, à la population de payer comme travailleurs et comme consommateurs !

Tous impactés

Au fond, ce budget repose sur une vieille recette : tenter de diviser les travailleurs entre « malades», « trop chers », « trop indexés » ou « privilégiés ».
Mais quand on regarde les mesures, tout le monde est touché… sauf les capitalistes !