En Ukraine, la colère contre la mobilisation ne cesse de monter et la police a recensé au moins 600 agressions contre des agents chargés du recrutement militaire depuis le début du conflit. Dans le même temps, des milliers de plaintes ont été déposées pour dénoncer des méthodes de recrutement avec des détentions arbitraires, des violences et des enrôlements illégaux.
Ceux qui ne peuvent pas échapper à la mobilisation sont envoyés au front, tandis que les riches et les puissants disposent de l’argent et des relations nécessaires pour se protéger. Au même moment, le remaniement gouvernemental de juillet a exposé les rivalités qui déchirent le sommet du pouvoir. Zelensky a limogé son ministre de la Défense, Fedorov, seulement six mois après l’avoir nommé. Présenté comme un réformateur de l’armée et de l’industrie des drones, il s’était opposé au chef des forces armées, Oleksandr Syrsky. Fedorov était un ministre populaire, « anti-corruption », qui indisposait Zelensky, qui voyait là un rival s’affirmer, alors même que la cote du président a baissé. Son éviction a provoqué des manifestations dans plusieurs villes du pays.
Sous la pression de la rue, Zelensky a finalement limogé Syrsky mais les manifestations ont continué pour réclamer le retour de Fedorov au ministère de la Défense. Derrière les discours sur « l’unité nationale » et alors que les sacrifices de la guerre pèsent de plus en plus lourd sur la population, chacun des politiciens défend son poste et son influence au sein de l’État. Pendant que des dirigeants profitent –légalement ou illégalement– de la guerre pour s’enrichir, la population est sommée de défendre « la patrie ».
