La Cour des comptes vient de présenter son rapport sur la gestion du tram de Liège. La facture atteint aujourd’hui au moins 1,3 milliard d’euros, bien au-delà des premières estimations. En 2008, le coût global du projet était encore évalué entre 700 et 900 millions d’euros, puis autour d’un milliard. Et cela concernait une ligne plus longue que celle finalement construite.
Prévu pour 2017, le tram n’a finalement été mis en service qu’en avril 2025. Retards, changements de plans, extensions abandonnées et marchés modifiés ont fait exploser les coûts.
Mais cet argent n’a pas simplement « disparu ». Il a alimenté des contrats privés toujours plus coûteux. Le principal marché a été confié à Tram’Ardent, un consortium réunissant notamment Colas, CAF et DIF. En cours de chantier, près de 80 millions d’euros supplémentaires ont été ajoutés au contrat, auxquels s’est ajoutée une avance de 35 millions. Et malgré les retards et les manquements, certaines pénalités prévues contre le consortium ont été supprimées ou non appliquées.
Autour du chantier, la même mécanique s’est répétée. Les marchés d’assistance ont plus que triplé, passant d’environ 15 à près de 50 millions d’euros. Le seul marché d’assistance technique de Liège-Tram a presque quadruplé. Et les extensions finalement abandonnées vers Herstal et Seraing ont déjà englouti près de 32 millions d’euros, avant même que toutes les indemnisations soient fixées.
Le tram de Liège montre comment des besoins collectifs indispensables sont utilisés pour engraisser le patronat, tandis que les travailleurs paient la facture.
