Ryanair : une lutte sans fin

Le dirigeant du syndicat CNE Aviation, Didier Lebbe, menace la direction de Ryanair d’un mouvement de grève à l’échelle européenne si l’entreprise refuse de négocier le renouvellement des conventions collectives qui arrivent à échéance.

Ces conventions avaient été signées par le patron sous la pression d’un mouvement de grève durant l’été 2018. Différentes orga­ni­sations syndicales européennes, en Irlande, en Grande-Bretagne, en Belgique, en Italie, au Portugal, en Espagne, avaient alors fait le choix d’organiser un mouvement coordonné des membres du personnel d’équipage qui voulaient dénoncer les contrats précaires, les bas salaires, les heures de travail non rémunérées, la perte de salaire en cas de maladie, la pression constante de l’encadrement pour en faire toujours plus.

Ce mouvement de grève international avait suffisamment inquiété les gouvernements et la Commission européenne pour les contraindre à réclamer que Ryanair se conforme au droit social et aux lois des pays dans lesquels l’entreprise est active.

La direction de Ryanair avait dû renoncer à sa politique antisyndicale et accepter de signer des conventions collectives. Elle s’engageait notamment à reconnaître le salaire minimum interprofessionnel de chaque pays. Les contrats de travail devaient respecter la législation du travail dans le pays d’embauche, et non le droit irlandais souvent moins favorable. Mais ce n’était qu’un recul tactique. La mise en œuvre de ces conventions fut systématiquement sabotée par des manœuvres de retardement. La direction cessa de licencier les travailleurs affiliés à un syndicat, mais elle ne négociait qu’avec les organisations syndicales de son choix. Elle remit en cause les concessions de 2018 à l’occasion de la crise du Covid en 2020 puis de la guerre de 2022 en Ukraine.

L’envolée des prix des carburants provoquée par la guerre contre l’Iran va à l’évidence être utilisée par la direction de Ryanair pour de nouvelles attaques contre les travailleurs, et les autres compagnies aériennes suivront ce mouvement.

Le droit, les lois, les conventions collectives ne sont appliqués par les patrons que sous la contrainte de mobilisation des travailleurs.