RDC : L’impérialisme américain sème le chaos

L’effondrement de la mine de Rubaya, en RDC, qui a fait plus de 200 morts dans une région dévastée par la guerre, a été l’occasion de lever un coin du voile sur les plans de Trump pour s’emparer des minerais du pays.

Cette mine fournit 15 à 30% du coltan mondial et emploie 3.500 mineurs, mais reste entièrement artisanale. Les trous sont faits de manière anarchique, à la pioche, pour des salaires de misère, sous le contrôle de groupes armés qui rackettent et oppriment les travailleurs.

Les effondrements sont fréquents, et des organisations locales dénonçaient déjà, en juin, près de 300 morts dans des coulées de boue.

Les États-Unis et l’Europe sont directement responsables de cette situation.

Ils financent les armées rwandaise et ougandaise qui à leur tour financent et encadrent de nombreux groupes armés de la région, dont le M23 est le plus important.

Les États-Unis ont ainsi versé plus de 2,2 milliards de dollars au Rwanda entre 2013 et 2023. Et les achats de tantale, un minerais utilisé dans l’industrie de pointe, par

les États-Unis ont été multipliés par 14 entre 2013 et 2018, c’est-à-dire à partir du moment où le M23 a commencé à envahir la région Est du Congo et à en vendre les minerais pillés.

Préparation à la guerre

Jusqu’à présent les capitalistes américains avaient laissé les mines du Congo dans les mains d’entreprises congolaises ou chinoises, car celles-ci n’étaient pas suffisamment rentables à leurs yeux. Ils étaient contents de profiter des métaux à bas prix.

Mais la situation à changé depuis quelques années. Les capitalistes américains ont passé une nouvelle étape dans leur guerre commerciale contre la Chine, et ils se préparent maintenant à un affrontement militaire qui entraînerait toute la planète dans son sillage.

Et pour cela, ils veulent contrôler directement les ressources stratégiques pour une industrie de guerre, tout en privant la Chine d’un accès à ces ressources. C’est dans le même but qu’ils ont enlevé le président Maduro et sa femme, qu’ils veulent dominer le Groenland, et qu’ils menacent d’attaquer l’Iran.

Les déflagrations de la préparation à la guerre atteignent aussi le Congo.

En juin 2025, Trump, sous prétexte d’un accord de paix bidon, a surtout signé un accord de pillage des minerais avec le Congo et le Rwanda.

Depuis, il encourage les investissements américains au Congo à coups de milliards.

En juillet 2025, le fonds américain KoBold, détenu par Bill Gates et Jeff Bezos, a racheté la mine de lithium de Manono. En octobre 2025, le groupe américain Hydro-Group a annoncé cons­truire, avec 70% de financements publics américains, une ligne électrique de 1.150 kilomètres entre Kolwezi et l’Angola, pour alimenter les nombreuses mines de la région.

Cette ligne électrique remplacerait les générateurs diesel qui alimentent les mines actuellement, mais surtout, par cette opération, comme le titrait le journal De Standaard, « Trump s’empare de l’interrupteur des mines de cobalt congolaises ».

La même entreprise va construire une centrale de méthane sur le fleuve Kivu, là aussi financée par le gouvernement américain.

Trump a aussi accéléré les projets d’investissements au Congo. Il a fondé le fonds public « Project Vault », un fond de 12 milliards de dollars pour reprendre le contrôle des minerais stratégiques et des terres rares à la Chine.

Ce fonds a déjà le projet de racheter la mine de zinc de Kipushi. D’autres achats massifs sont en cours, comme l’achat des mines de Mutanda et de Kamoto à Glencore par l’entreprise américaine Orion CMC, ou l’achat de la mine de Mutoshi par un autre groupe américain, Virtus Minerals, après que le rachat de cette mine par un groupe chinois ait été bloqué par l’État congolais… sous pression de Washington.

A bas l’impérialisme !

Pour fêter ces investissements et préparer les suivants, le gouvernement américain a invité le président congolais Tshisekedi et plusieurs de ses ministres aux États-Unis.

Les discours sur la nouvelle période de prospérité et de paix qu’ouvriraient ces investissements n’ont pas manqué. Mais ce sont des mensonges !

Rien ne sortira de bon pour la population congolaise, sinon encore plus de chaos et de violence !

Si Trump fait tout pour que le Congo respecte sa part de l’accord « de paix », à savoir de lui vendre les mines du Congo, lui-même n’a pas mis en place la moindre mesure pour faire avancer la paix, et les combats continuent de faire rage dans la région.

La seule présence militaire que les capitalistes organisent au Congo servent à protéger les mines, dans le mépris total de la vie des habitants, et ne font que rajouter des groupes armés dans la région.

La société de mercenaire Blackwater, dirigée par un proche de Trump et connue pour avoir massacré des civils et avoir été graciée par le même Trump, a, par exemple, recruté des mercenaires au Congo.

Ces mercenaires sont intervenus au Nord-Kivu, pour chasser les rebelles du M23 de la mine d’étain de Bisie en mars 2025.

La mine a rouvert, mais rien n’a changé pour les habitants des alentours…

Le groupe américain America First Global, dirigé là aussi par un proche de Trump, cherche à s’emparer de la mine de Rubaya où a eu lieu l’effondrement mortel.

La mine étant actuellement sous le contrôle du M23, l’entreprise prévoit, selon un rapport du Oakland Institute, de construire une fonderie pour transformer le coltan au… Rwanda !

Les capitalistes américains montrent ainsi qu’ils n’ont aucune intention de mettre fin à la guerre, de désarmer les groupes armés qui sèment la terreur sur la population, mais qu’ils sont prêts à s’accommoder de la situation !

L’accroissement de la présence américaine et l’intensification des rivalités entre les États-Unis et la Chine, qui domine encore 70% du secteur minier congolais, ne peut qu’aggraver le chaos partout dans le monde et mener à de nouvelles guerres…