Police impunie

En Belgique, les chiffres du Comité P, l’organe chargé de contrôler la police montrent toute l’impunité de la violence policière. En 2024, 2.545 plaintes ont été déposées et moins d’une plainte sur cinq a abouti à la reconnaissance d’un « dysfonctionnement » de la police. Sans parler des nombreuses victimes qui n’ont jamais porté plainte. Mais même quand la police est jugée responsable, seules 16 % donnent lieu à une mesure disciplinaire, et à peine 8 % sont transmis à la justice.

Une justice qui n’hésite pas à fonctionner en tandem avec la police. Une avocate dénonce par exemple qu’un procureur a déclaré au tribunal : « Je n’ai rien à reprocher à MES policiers ». Et quand les institutions ne se protègent pas entre elles, ce sont des centaines de dossiers qui sont abandonnés ou requalifiés en infractions moins graves, pour éviter les grosses sanctions.

Alors quand des milliers de plaintes n’aboutissent à rien, quand des violences sont impunies, quand des morts restent sans responsable, il ne s’agit pas de “dysfonctionnements”. Les officiers et l’État couvrent les actes violents. L’État a besoin de policiers rompus à ces pratiques, pour maintenir la domination de la minorité exploiteuse sur la majorité exploitée.