Nos lecteurs nous écrivent : l’austérité imposée aux associations et à leurs bénéficiaires à Bruxelles

Dans un contexte de crise aggravée, les associations bruxelloises qui accompagnent les populations les plus précarisées voient leur charge de travail augmenter et la situation de leur public se dégrader (problèmes de santé, psychiatriques, dette, problèmes de logement…).

Déjà affaiblies par les crises du covid, l’augmentation des prix de l’énergie…. durant lesquelles elles ont dû faire face à un afflux de nouveaux bénéficiaires sans que les moyens suivent, elles sortent également exsangues de plus d’un an sans gouvernement bruxellois, ce qui a eu un impact sur les subsides qu’ils reçoivent de la région. Par exemple, les subventions dites “facultatives” (qui sont pourtant essentielles pour les associations et leurs bénéficiaires) ont subi une coupe de 15%.

Aujourd’hui, plusieurs mois après la formation du gouvernement bruxellois, la politique d’austérité fait que pour beaucoup d’associations des centaines de milliers d’euros de financement sont toujours incertains, compromettant des emplois et la continuité des projets.

La menace de la réduction des aides à l’emploi (des incitants financiers donnés par l’Etat à l’employeur pour faciliter l’embauche), dont dépend énormément le secteur, plane aussi au-dessus des asbl.

A cause de cela, dans les associations, on passe un temps monstre à élaborer des stratégies budgétaires pour licencier le moins de travailleurs possibles et maintenir les institutions à flot plutôt qu’à se concentrer sur le travail social pourtant criant.

Derrière la perte des subsides et l’instabilité des emplois et des projets, ce sont les personnes précaires qui subissent la situation de plein fouet.

Des permanences sociales qui permettent de renseigner et d’accompagner les personnes pour avoir accès à leurs droits sont supprimées alors qu’il y a une explosion des demandes suite aux expulsions du chômage. Des projets d’accueil et de soin pour les personnes sans-abris sont arrêtés du jour au lendemain, la distribution de matériel de limitation de risques comme seringues stériles aux personnes sous assuétude ou de préservatifs pourtant essentiel pour limiter les risques d’infection, de maladie ou de blessure est fortement limitée.