Le gouvernement compte imposer, à deux reprises au cours de la législature, la non-indexation des salaires supérieurs à 4 000 € bruts (environ 2 500 € net), ainsi que les allocations sociales au-dessus de 2 000 € bruts mensuels. Si ces mesures venaient à être appliquées, la moitié des ménages belges verraient le pouvoir d’achat de leurs salaires baisser définitivement de plus de 100 € !
Il s’agit d’attaques importantes contre les salariés, ainsi qu’une offensive supplémentaire contre l’indexation des salaires !
Cela fait des années que le patronat cherche tous les moyens de s’attaquer à l’indexation des salaires. Pourtant, même si les capitalistes saluent la mesure, il s’avère qu’ils ne sont pas entièrement convaincus par la proposition du gouvernement. Trop « complexe », trop « temporaire » déclarait Pieter Timmermans, le CEO de la FEB, la principale organisation patronale en Belgique. Ce dernier plaide pour des attaques plus dures contre l’indexation, des mesures plus « structurelles » comme il le dit lui-même.
Or, c’est exactement cette opportunité que lui ont offerte les dirigeants de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB sous couvert d’un « accord » passé avec les organisations patronales.
A la place de l’actuelle mesure du gouvernement, les dirigeants syndicaux et patronaux proposent de revoir le calcul de l’indexation à la baisse. Concrètement, au lieu de prendre en compte les hausses des prix de l’énergie chaque mois (comme actuellement), le calcul serait effectué sur la moyenne des douze derniers mois. Ainsi, si les prix montent pendant quelque temps, et puis redescendent un peu, certaines indexations seraient retardées, voire évitées.
Cette mesure n’est pas du tout à l’avantage des travailleurs ! Il s’agit d’une nouvelle manipulation de l’indexation, comme celle qui avait enlevé du calcul de l’indexation le prix du tabac, de l’alcool et surtout des carburants. Cette proposition n’aurait qu’un effet à long terme : freiner encore plus les salaires dans la course avec les hausses de prix. Et c’est bien pour cela que les patrons la soutiennent.
Quant aux dirigeants syndicaux, ils se montrent tels qu’ils sont : des gestionnaires du capitalisme, tout autant convaincus que les patrons qu’il est nécessaire que les travailleurs se serrent la ceinture pour défendre les profits des capitalistes. C’est une trahison des intérêts des travailleurs et du syndicalisme.
Le gouvernement a refusé la proposition des dirigeants syndicaux et patronaux. Ce n’est pas que les ministres souhaitent s’opposer à leurs maîtres capitalistes, mais ils sont pris dans mille contradictions, à commencer par celle-ci : réduire rapidement le déficit budgétaire, tout en augmentant les dépenses d’armement et les cadeaux aux entreprises. Or, la proposition des dirigeants syndicaux et patronaux, même si elle est à l’avantage des capitalistes sur le long terme, ne permet pas de répondre aux besoins budgétaires à court terme du gouvernement.
