Appliquant la recette de tout ministre qui prépare un plan d’austérité, la ministre de la Petite Enfance, Valérie Lescrenier (Engagés) a chargé l’administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’établir une liste de mesures pour économiser 4,2 millions d’euros sur ce secteur. La liste des mesures envisagées par l’administration est parvenue au Conseil d’avis consultatif de l’Office des Naissance et de l’Enfance (ONE).
Les membres de ce Conseil, pourtant nommés par le gouvernement wallon, sont scandalisés. « Effarement, étranglement des secteurs, trahison, destruction… » dénoncent-ils. Il y a de quoi : restriction de l’accueil extra-scolaire qui prend en charge les enfants en dehors des heures de classes, suppression de l’accueil flexible destiné aux enfants dont les parents travaillent tôt le matin ou tard le soir, diminution des dispositifs d’aide aux vacances scolaires, diminution de 5% des subsides aux équipes SOS enfants pour la prévention et la protection des enfants en cas de maltraitance, abandon des subventions aux crèches pour le matériel pédagogique et une alimentation saine, économies dans le dépistage néonatal, la promotion de la santé à l’école et la vaccination…
« Cette note interne n’est absolument pas validée par le gouvernement » a réagi la ministre. En effet, elle, son travail, c’est seulement d’exiger des économies. Mais « le simple fait que ces pistes soient désormais sur la table montre qu’elles sont désormais considérées comme possibles » répond un représentant anonyme de l’ONE.
Refuser l’accueil des enfants dont les parents travaillent, économiser sur les vacances, les fruits et légumes, la vaccination et l’éducation à la santé, tout çà pour ramasser quelques millions destinés aux financiers qui spéculent sur la dette publique et à l’achat d’armements, voilà en en résumé le travail de la ministre « engagée ».
