Le meurtre est révoltant. En plein après-midi, Fabian – 11 ans – roule à trottinette électrique dans un parc lorsqu’un SUV de la police se lance à sa poursuite, à grande vitesse, pour un contrôle. L’enfant prend la fuite. Il est mortellement fauché par le véhicule.
Ce nouveau meurtre ne passe pas dans le quartier. La tristesse et la colère sont immenses. « Police partout, justice nulle part. C’est ça, la réalité ici ! », lâche un père. Une mère ajoute qu’il y a un mois, un autre enfant est mort sous les roues d’un camion de police, « 15, 16, 17, 12 ans, c’est des enfants ! »
Cet assassinat n’est pas isolé. Depuis des années, des jeunes — majoritairement issus de l’immigration — perdent la vie, fauchés ou abattus lors de courses-poursuites avec la police : Mawda en 2018, Ouassim et Sabrina en 2017, Mehdi Bouda en 2019, Adil Charrot en 2020…
Et chaque fois, c’est l’impunité. Malgré des preuves accablantes, la justice blanchit presque systématiquement les policiers. Le cas d’Adil est révélateur : l’agent responsable de sa mort, accusé de comportements racistes par 18 de ses collègues, se vantait « d’en avoir sorti un de la rue ».
Si la Justice protège les policiers gangrénés par le racisme, c’est parce que police et justice sont là, avant tout, non pour garantir la sécurité de la population, mais pour défendre les propriétés et intérêts des riches.
